Confinement en Avignon

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Dali à Berlin…

 

Dali. "Enlèvement d'Europe"

Dali. « Enlèvement d’Europe »

Diese Ausstellung am Potsdamer Platz ermöglicht mit über 450 Exponaten aus privaten Sammlungen weltweit, den wohl umfangreichsten Einblick in Salvador Dalís virtuose und experimentierfreudige Meisterschaft in nahezu allen Techniken der Kunst direkt in Berlins pulsierender Mitte. „COME INTO MY BRAIN“, lud Salvador Dalí einst selbst ein. Das Museum zeigt in seiner Dauerausstellung Werke aus einem Pool von über 3.000 Sammlungsstücken, die Dalí als Surrealisten auszeichnen : Darunter befinden sich Arbeiten, bei deren Entstehung er mit Musketen auf wuchtige Lithosteine schoss und damit den Bulletismus begründete, mit Nägeln gefüllte Bomben explodieren ließ oder mit einer Dampfwalze über eine Nähmaschine fuhr. Man folgt (ohne Mühe) den Weg in diese faszinierende Welt. Für mich war es heute, den 26. April.

Ornella

 

Elle est trop belle !

Humeur…

 

Ah ! La Vie des Autres !

L’ange exterminateur…

"Kohlhass". Parodie, Kleine-Theater (F/Oder), août 1994

"Kohlhass". Parodie, Kleine-Theater (F/Oder), août 1994

 « An den Ufern der Havel lebte um die Mitte des sechzehnten Jahrhunderts ein Roßhändler, namens Michael Kohlhaas, Sohn eines Schulmeisters, einer der rechtschaffensten zugleich und entsetzlichten Menschen seiner Zeit. Dieser außerordentliche Mann würde, bis in sein dreißigstes Jahr, für das Muster eines guten Staatsbürgers haben gelten können. Er besaß, in einem Dorfe, das noch von ihm den Namen führt, einen Meierhof, auf welchem er sich durch sein Gewerbe ruhig ernährte ; die Kinder, die ihm sein Weib schenkte, erzog er in der Furcht Gottes zur Arbeitsamkeit und Treue ; nicht einer war unter seinen Nachbarn, der sich nicht seiner Wohltätigkeit, oder seiner Gerechtigkeit erfreut hätte ; kurz, die Welt würde sein Andenken haben segnen müssen, wenn er in einer Tugend nicht ausgeschweift hätte. Das Rechtgefühl aber machte ihn zum Räuber und Mörder. »

Der Ort der Novelle wird von Arnaud des Pallières und Jeanne Lapoirie in die «Cevennes» verlegt, eine Gegend, wo bereits die Protestanten und die Katholiken gegeneinander gekämpft haben und wo auch im zweiten Weltkrieg heftiger Widerstand geleistet wurde.

Dort, in den großartigen und gebirgigen Landschaften, nahm der Tontechniker Jean-Pierre Duret den Klang des Himmels, der Wolken, des Windes und die Geräusche der Natur und der Tiere auf. Dadurch verleiht er ihnen einen einzigartigen Stellenwert.

Christelle Berthevas, die Drehbuchautorin, lässt die Schönheit der Pferde zur Wirkung kommen und zeigt in Großaufnahme den mißtrauischen Mad Mikkelsen, der vor Leidenschaft nur so bebt: so stellt er den ganzen Reiz eines Kleistschen Heldes dar!

Was die von De Pallières geschriebenen Dialoge angeht, so verfälschen sie nicht den Stil des Autors: ein Satz… eine lange Stille… ein Satz… feierliche, knappe Sätze… und beredsame Stillen.

De Pallières hat sich auch einige Freiheiten herausgenommen: er gewährt gewissen Figuren einen größeren Raum (Kohlhaas’s Tochter zum Beispiel) und erfindet andere: an die Stelle des Kurfürst von Sachsen setzt er die Prinzessin von Oranien (Prinz von Homburg) !

Ebenso entfällt bei ihm eine sekundäre Intrige von fantastischem Charakter. Sie ist leicht wiederzufinden, wenn ich von der « Kapsel » spreche.

Aber wissen Sie, alles das macht diese Novelle dem Zuschauer, der wir sind, verständlich. Man muss sich darüber klar sein, dass die Kleistsche Schreibweise eben nicht einfach ist.

Die Eigentümlichkeit dieser Novelle bleibt hier nicht hier stehen. Dieses Kleistsche Kunstverständnis wurde – entsprechend seines Musikgeschmacks – inszeniert wie der « Bolero » von Ravel (Penthesilea, sie, war wie eine Sonate gebaut).

Er nimmt immer wieder die ursprüngliche Auseinandersetzutng auf, vergrößert sie durch ständiges Wiederaufleben, reichert sie mit Bildern und Tönen an, die von Schauspielern erzeugt werden, die dabei immer noch zahlreicher werden. Und diese vermischen das selbst noch mit ihren eigenen Intrigen oder politischen Eigeninteressen. Ach! Kleist!

Michael Kohlhaas — auch wenn er an das XVIe Jahrhundert erinnert — ist ein Nachdenken über die zeitgenössische Welt.

Die Probleme, die Fragen, die vom Film hervorgerufen werden, sind universal : Wie soll man das Recht anwenden? Was ist das Recht? Was heißt gerecht sein oder eine Ethik zu haben?

Der Film stellt die Machtfrage, und die Art und Weise Macht auszuüben. Wie wir es oft gezeigt in unseren Forschungen gezeigt haben: Kleist ist unser Zeitgenosse.

Der Film war zwar in der offiziellen Auswahl der Festspiele von Cannes, aber er bekam keinen Preis. Jedoch: Zum Abschluss des «Brussels Film Festival» erhielt er den Preis «Golden Iris Award».

Ornella, Avignon, le 29 août 2013

Lire la version française

Le dire autrement, encore…

"L'amant"

 

dire d’abord,

– projet pour un homme,

une femme

et un livre devant un lit –

et, au lieu d’un narrateur unique, choisir — pour relire La maladie de la mort, de Marguerite Duras — d’opposer un homme et une femme, sans jamais établir de dialogue, le texte n’en prévoit pas :

« Elle demande… »

« Vous dites… »

« Elle sourit… »

« Vous lui demandez… »

Lire à haute voix, c’est la voix qui rend palpable le mystère et la tension de cette rencontre désespérée.

Et entendre :

un homme engage une femme à passer quelques nuits avec lui

, il dit qu’il veut connaître ça, La femme

, des nuits passent ; s’enchaînent

, elle, elle dort

, parfois elle parle.

, lui, essaie de la regarder ;

, parfois il lui donne de la jouissance

, parfois il pleure

, il crie aussi

pendant qu’elle dort

, et toujours, il essaie de la regarder, encore

, et c’est ainsi l’impossible qui s’ouvre devant lui.

 

C’est effectivement l’histoire d’une rencontre, mais on ne sait pas si elle a existé hors de nous-même. Elle a tout simplement lieu dans un conditionnel. C’est peut être une de ces histoires qui sont déjà finies avant même d’avoir commencé. Ici, seulement la volonté de vivre s’affirme — malgré son impossibilité.

En traversant cette histoire, tenter de nommer ce qui paraît innommable, cerner ce qui semble être pour toujours suspendu dans un nulle part.

Ne rien voir.

Ne rien dire.

Ne rien entendre.

Être là.

Prêt ou pas.

Être là.

Pour entendre.

Quelque chose.

Peut-être.

De cette langue de Duras qui fait signe.

 

Ornella, Avignon, le 16 juin 2013

 

Die Liebe…

Die Liebe hemmet nichts, sie kennt nicht Tür noch Riegel,
und dringt durch alles sich ;
sie ist ohn’ Anbeginn, schlug ewig ihre Flügel
und schlägt sie ewiglich…

Sprecher : Otto Sander und Miriam Sachs

Meine faire Dame…

… ein Sprachlabor

Conception et mise en scène de Christoph Marthaler

Christoph Marthaler D.R.

D.R.

Le professeur Zoltan Karpathy — héritier décalé du brillant philologue inventé par George Bernard Shaw —, de retour de la conférence annuelle sur les accents du Sud de l’Angleterre, découvre devant la porte de son laboratoire de langues un énorme bouquet d’hortensias. Fiché au milieu du bouquet, un petit billet ainsi libellé :

« Vous avez jusqu’à minuit pour résoudre l’énigme suivante, ou je ne réponds plus de rien : Qu’est-ce qui est d’abord de l’air pur, puis une ombre qui chantonne, puis une douleur, puis un souvenir ? Déposez votre réponse à l’heure dite sous la selle de la jument Bystander, dans l’hippodrome de notre ville. Vous menaçant de tout cœur, votre F. D. ».

En un éclair, le professeur comprend qu’il est démasqué…

Christoph Marthaler murmure à l’oreille du professeur désarçonné :

« If you don’t know what to say, just smile, and slip away ».

Meine Fair Dame… pousse alors le bouchon très loin et dépasse la simple relecture du cultissime My fair Lady filmé par Cukor en 1964 où Rex Harrison enseignait les subtilités de la prononciation de l’anglais dans la bonne société à Audrey Hepburn, selon le principe que l’idéal d’une communication parfaite passe par le bon usage des mots !

Ici, nous sommes sur la pente de l’humour suisse-allemand du Zurichois Marthaler qui désarçonne le public pour mieux le combler. Je n’irai pas jusqu’à penser que l’aura de Karl Gustav Jung, qui fleure bon à Zürich, a amené Christoph Marthaler à se nourrir de Freud… Et pourtant, comme les psychanalystes, il semble avoir acquis que les mots manquent toujours leur cible et ne disent jamais ce qu’ils pour but ultime de dire…

En conséquence, parmi les moments les plus décalés du spectacle — qui déchainent de véritables ovations dans le public— les numéros chantés, qui permettent d’entendre des standards de la comédie musicale à Wahm ! Last Christmas, de la Flûte enchantée de Mozart à Manon de Massenet dans un espace dessiné par Anna Viebrock, fidèle scénographe des spectacles de Marthaler. Pour cet opus, elle a imaginé, entre orgue et piano (tenus par le Docteur Frankenstein), des petits box individuels hyperréalistes où on dissèque la langue et le langage, sous le regard de la reine d’Angleterre !

Comme toujours avec Marthaler, la vérité est ailleurs : là où l’artiste rencontre son public et trouve grâce à ses yeux…

Ornella, Avignon 2012

Penthesilea

Es ist wahr, mein innerstes Wesen liegt darin, (…) der ganze Schmutz zugleich und Glanz meiner Seele.

Heinrich von Kleist an Marie von Kleist, Spätherbst 1807

Messe…

Béjart dans La Cour

Messe pour le temps présent

Alors, ce soir, mettre le vinyle sur la platine, réécouter cette Messe… pour se souvenir.

C’était, en effet, le 3 août 1967, dans La Cour ! La Messe…, une cérémonie profane à la mémoire de Patrick Belda, danseur, mort à 25 ans. Une cérémonie qui va du classique le plus pur — les danseurs font des exercices à la barre —, aux sons de jerks (« Jéricho Jerk ») électroniques, de rocks (« Psyché Rock ») rehaussés de bruits bizarres et inouïs, de « Teen Tonic » avec ses nappes hallucinogènes, et de « Too fortiche » avec son solo de guitare fascinant. Sur scène, les danseurs qui portent les noms de Laura Proença, de Jorge Donn,…s’en donnent à corps joie ! Des garçons et des filles superbes. Ce n’était pas encore Mai 68 mais c’était déjà une libération — pour nous en tous cas.

En neuf épisodes, Béjart nous racontait les modes et les peurs de la fin des années 60 : les philosophies orientales, les couleurs criardes, la musique électroacoustique (de Pierre Henry), la guerre nucléaire, la résurgence du nazisme…

Les artistes ont attendu sur scène que les spectateurs s’en aillent… que tous nous soyons partis. Du jamais vu. Du jamais revu.

 Michèle Jung, Avignon,
paru dans Bref, Centenaire Vilar, 25 mars 2012

À Karoline von Schlieben,

« (…) die schöne, große, erhabene Natur, die Schätze von Kunstwerken, die Frühlingssonne, und so viel Wohlwollen… »

Heinrich von Kleist, Juli 1801