Die Kinderzeiten…

claude-et-moi avec Néné avec tante Suzanne image3-redim image2-redim avec mémère Denise

Catégories

L’étranger/Réminiscenses #2

 Camus

Michèle,
das Theater/Musikstück über den « Fremden » hat mir gut gefallen. Der Musikeinsatz schuf einen Contrapunkt zum Text von Camus: Die Musik betonte, unterstrich, überlagerte und schuf auch mal  einen Gegensatz zum Text auf ihre eigene Art und Weise allerdings ohne ihn zu erschlagen. Vor dem Hintergrund des 2. Teils des Romans (des Prozesses) gelang es dem Schauspieler, die wichtigsten  Textpassagen der beteiligten Personen darzustellen und auch die Spannung der Handlung durch seine Ausdrucksfähigkeit zu halten.
Das « Absurde » von Camus Aussage wurde deutlich, Meursaults Ehrlichkeit wurde offenbar. Eine gelungene Darstellung.

Freundliche Grüße
Bruno Behrendt

Idiophones : gongs, tams, cloches et autres…

c’était un rêve
un rêve devenu réalité.
sonance…
sonances…
pour entendre ce qui se dit
dans l’insu
de l’Afrique…
lieu de la musique originelle — die Ur-Musik.

Qui sommes-nous ?
D’où venons-nous ?
D’après les connaissances des généticiens et autres paléontologues tous les Ètrumains viennent d’une unique femme, die Ur-Mutter — la Mère originelle.
Lui, l’Artiste, sait que cette Ur-Mutter vivait en Afrique il y a quelques cent cinquante mille ans, et sa création sonore reprend le motif récurrent de la Ur-Mutter. Re-présentation non abstraite, mais sur-réelle.

Dans un premier temps on peut être assourdi. Dans un second temps on reconnaîtra l’attrait particulier de cette sonance, car elle est l’Ur-Sprung même.
Cette sonance… Au féminin, La Femme la plus mélodieuse au monde… L’Oracle… La Prophétesse… La visionnaire… Sans aucun doute sur-naturelle, sur-humaine.
Cette sonance… Au masculin, Der Ur-Sprung saura porter l’histoire de la faute et du péché originel par la force de l’écoute…

Une lie de sagesse s’écoulera alors de la blessure originelle, die Ur-Wunde, formant, ce soir là, un lien entre les auditeurs qui découvriront le Ur-Sinn du Monde.

Ur-Mutter
Ur-Musik
Ur-Sprung
Ur-Wunde
Ur-Sinn
L’Art lui-même —faisant lien entre la naissance et la mort.

Alors l’Art… Ur-Sprung du monde dans sa perte et sa résurgence sonore… sur la Ur-Szene.

Improvisation Sonore
par Philippe Asselin
Espace Pasolini-Théâtre International-Valenciennes
Le 10 juin à 20h30 au Château d’Aubry du Hainaut

La belle ouvrage...

À la fin de Tartuffe, on doit supposer — pour que soit barrée la route du pire — un monarque instruit de toute chose et plein de discernement… Histoire d’entrer en scène ‘’en majesté’’ ! Jean-Claude Fall le fit ici pour nous, dans ce lieu, le 1er janvier 1998.

Le théâtre est grec, le spectacle est romain. Le modèle du spectacle romain, c’est les combats des barbares s’entre-tuant dans l’arène, et l’essence du théâtre grec, c’est la représentation des Perses, dix ans après un épisode historique (Salamine en 480). Dans cette pièce, Eschyle, le poète grec, demande à ses concitoyens de s’intéresser aux vaincus, à la défaite des Perses. D’un côté, la guerre et la peur de la guerre, la fureur et le spectacle des avatars ; de l’autre, la guerre en ce qu’elle fait l’objet d’une ré-appropriation politique. Le théâtre est l’affaire de la Cité et des citoyens, les spectacles sont affaire de clientèle (électorale entre autres).

Tous ces prolégomènes pour situer l’espace stratégique où s’inscrit le CDN-Théâtre des Treize Vents, avec à sa tête Jean-Claude Fall. (J’ai bien dit ‘’l’espace ‘’, parce que l’espace n’est pas seulement un lieu). Dans cet espace, les armes de Jean-Claude Fall ont été ses créations personnelles — avec sa Compagnie, et la programmation qu’il a faite dans le lieu lui même pour poser cet acte citoyen. Il s’y est engagé avec une équipe, ce fut une aventure artistique et… politique, au sens le plus noble du terme.

Victor Scoradet, un auteur/traducteur Roumain, me disait lorsque je l’ai rencontré au Théâtre de Bucarest (j’étais avec Mihaï Maniutiu et nous travaillions sur L’Oubli de Georges Banu) : ‘’Le public ne va pas au théâtre pour oublier le monde où il vit, mais pour le comprendre ‘’. Vous comprendrez donc, ou, mieux dit : C’est ce que j’ai compris en suivant fidèlement, et pour mon plus grand plaisir, les 13 Saisons (des 13 Vents !) de Jean-Claude Fall jusqu’à ce jour.

Aujourd’hui, c’est 2009. Jean-Claude Fall va quitter ‘’Grammont ‘’. Il faut savoir terminer. Au long de ses mandats successifs, il a travaillé à être juste — au sens kleistien du terme. Pour ceux qui n’auraient pas lu Kleist et qui voudraient en savoir plus… rendez-vous dans la soirée, je ne voudrais pas alourdir mon propos.

Bon, Jean-Claude Fall tourne la page, soyons sympas : ne jetons pas le livre ! Car, pour lui, au jour d’aujourd’hui, c’est à dire demain, il s’agit de ‘’se refaire un monde, de hasarder un monde — fût-il fabuleux — en jetant les dés à l’extrême ‘’. Le fil est bandé, il sera fil d’Ariane ou corde raide, et… nous n’en doutons pas : source d’inspiration.

Hanjo

Hanjo (1956) via Penthesilea (1810)…

Un Nô… « Le drame grec, c’est quelque chose qui arrive. Le Nô, c’est quelqu’un qui arrive ». Quelqu’un. Le Un. Lui. Mais ce Lui-là n’arrivera pas… Car l’attente est le sentiment qui domine Hanjo. L’attente y est énoncée sur tous les tons. La parole lui est toute dédiée. La bande-son, aussi. Et le jeu ? L’est-il ? Lui… dédié à l’attente ?

La mise en scène d’Hanjo, par Philippe Asselin, nous fait entrer dans ce Nô de Mishima qui tient de la psalmodie, de la liturgie, du chant, de la musique, du théâtre et de la danse. Il nous y fait entrer physiquement. Le public, assis sur un siège mobile , évolue sur la scène, mais n’entre pas dans l’espace scénique bordé par une bande blanche : une limite à l’image de cette bande de graviers blancs qui — dans la tradition du Nô — rappelle les jardins Zen. À la lumière du jour, cette bande de graviers blancs servait à réfléchir la lumière sur les masques de comédiens. Ici, elle est la limite à ne pas franchir. Elle est le lieu où se joue l’ombre apportée au texte par l’auditeur qui écoute et se tait. Silencieux, il l’est de bien plus loin encore, d’un ailleurs passant par l’inouï. Pour structurer ce qu’il croit entendre, le spectateur se déplace sur le plateau… Au Un par Un. Chaque Un va, vient, repart, ne revient pas… Le Un parti, Un autre arrive. Que déposent ces Un dans cette trace ? L’énergie du spectacle est également là, en attente, dans cette chorégraphie imprévisible de la « spectature » .

La tragédie de l’impossibilité d’une réalisation totale et entière se lit sur le visage de la comédienne — Nathalie Le Corre. Elle dit. Elle se laisse dire. Elle offre des temps d’abstinence. Quelqu’Un va venir. Elle le sait. Cet ex-il en fuite, elle l’attend, tapie dans l’ombre de la folie. De cette contrée, elle ne reviendra pas. Fascinée par l’image, elle ferme les yeux pour retenir l’objet de son désir, mais le visage qu’elle a devant les yeux n’est plus celui de Yoshio… D’où se souvient-elle ? De quoi ? De qui ? Un silence aux yeux secs tombe sur l’assistance. On n’osera pas applaudir.

Comme dans la tradition du Nô d’hier, le maquillage de Gilles Vérièpe se fera dans la « coulisse », hors-scène. Il ne dissimulera pas son visage, mais révèlera les traits de l’absent, tels qu’ils commencent à naître dans l’imaginaire de Hanako.

Dans une autre coulisse, à l’opposé, hors-scène également, un très grand miroir sera le point où convergent les images des spectateurs. Ce pourrait être l’image d’un toit qui forme un angle avec un des bords du plateau : le Hashigakari de la scène du Nô.

Une autre image du lointain s’y reflète… Une prothèse. Est-ce le corps de Mishima que la comédienne tente de se re-mémorer — de ce corps morcelé qui aura toujours manqué à s’unifier — lorsqu’elle manipule la poupée de Claude Roche ? Elle manipule cette « machine désirante », à l’instar de son propre désir qui se nourrit du manque, de l’absence, de ce que Lacan nomme La Chose… Elle démembre ce corps-sans-organes. Ce corps-symbole qui n’est plus qu’un dé-s-ensemble de membres, d’articulations, d’orifices, de bosses ou de creux, de morceaux. Pièces détachables, à l’image des mots-objets proférés, parés de toute la violence de leur éclatement, dont la vibration purement mécanique touche étrangement le mot suivant, mais s’éteint aussitôt.

Le public pressent un moment d’une rare beauté… Mishima sait user d’un pouvoir structurel, celui de transmuer la souffrance en jouissance, et le manque en plénitude… Ne serait-ce pas aussi la vocation de l’art ? Alors l’Art… Die Kunst… Dans ses premiers rapports professionnels avec la littérature, Freud ne lui demande que des illustrations et des confirmations pour ses hypothèses de clinicien. Survient un deuxième temps où il se tourne vers le processus créateur lui-même, dans l’espoir d’en saisir le secret. Face à l’œuvre, il se déclare incompétent pour définir l’essence de l’art, « forme belle au désir interdit ».

« Forme belle au désir interdit » ! Qu’avez-vous entendu ? La mère… Mais oui, c’est ça… La mère, forme belle au désir interdit.

Ornella, Avignon, le 21 juin 2009

vingthuitjuin

Un petit déclin en grande forme. Ça commence par quelques bougies d’anniversaire. Rien de méchant. Mais une lenteur s’installe, le souffle se fait plus court et, soudain, des papillons noirs vous viennent à l’âme…

Le vingthuitjuin au soir, Ornella

Ornella fait son théâtre

Photo : Philippe Asselin

Je fais mon théâtre depuis plus de 30 ans, et j’ai décidé de vous faire partager ma lecture originale des scènographies contemporaines, et de vous mener sur mes chemins de traverse.

Vous y retrouverez, pêle-mêle, mes Lunéliades, Vidourlades,Teutonades et avignonades qui expriment mes coups de coeur et mes coups de sang.

N’hésitez pas à enrichir ce blog de vos commentaires !