Confinement en Avignon

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Ein unheimliches Schweigen…

Freud par Ralf Staedman

Freud par Ralf Staedman (1980)

 

Ein unheimliches Schweigen…

In « Wien » — « die Wiege » der Psychoanalyse genannt — fühlt sich Freud eingekreist (besser gesagt : « eingekastelt ») Er fühlt sich dort nicht wohl. Es ist ihm unheimlich. Das Unheimliche befindet sich im Herzen der Kinderwelt, und so ist es sonderbar, daß Freud seine vier ersten Lebensjahre mit einem Federstrich auslöschte : unheimliches Schweigen, das das Wesentliche der Sprache ist. Also, heißt es an den heimatlichen Ort zurückzukehren, den heimatlichen Ort, wo das Kind — wie Freud es wollte — den Urzustand wiederfinden kann, wo es selbst und die Welt nicht getrennt sind. (Cf Lettre au Burgmeister de Pribor). Den Ursprungsort herausfischen — Pribor, der im Fluss Lethe versunken, diesem Strom der Vergessenheit für die, die sein Wasser getrunken haben.

Die Vergangenheit vergessen…

Vergessen… die zwei Jahre mit Monika Zajic, dem tschechischen Kindermädchen, das ihm Abzählwerse sang und ihm die berühmten Märchen von Hauff — und nicht die von Grimm — erzählte ;

Vergessen… daß sie vom Onkel Emmanuel ins Gefängnis geworfen wurde (« eingekastelt »1), weil sie « Peniz » gestohlen hatte, Freud war zwei einhalb Jahre alt ;

Vergessen… Rebecca, die zweite Frau seines Vaters. Unfruchtbar, verstoßen, stirbt sie einen rätselhaften Tod (Selbstmord ? 2), in derselben Zeit, wo die zukünftige dritte Frau Jakob Freuds, Amalia, schwanger ist ;

Vergessen… daß das Ehepaar diese voreheliche Schwangerschaft mit einem gefälschten Geburtsdatum dieses Kindes — Sigmund genannt — verbergen wird ;

Vergessen… den jüdischen Namen seines Großvaters, der dem Seinen anhing — Salomon — und die jiddische Sprache, die dazu gehörte…

Michèle Jung, Avignon

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Meine faire Dame…

… ein Sprachlabor

Conception et mise en scène de Christoph Marthaler

Christoph Marthaler D.R.

D.R.

Le professeur Zoltan Karpathy — héritier décalé du brillant philologue inventé par George Bernard Shaw —, de retour de la conférence annuelle sur les accents du Sud de l’Angleterre, découvre devant la porte de son laboratoire de langues un énorme bouquet d’hortensias. Fiché au milieu du bouquet, un petit billet ainsi libellé :

« Vous avez jusqu’à minuit pour résoudre l’énigme suivante, ou je ne réponds plus de rien : Qu’est-ce qui est d’abord de l’air pur, puis une ombre qui chantonne, puis une douleur, puis un souvenir ? Déposez votre réponse à l’heure dite sous la selle de la jument Bystander, dans l’hippodrome de notre ville. Vous menaçant de tout cœur, votre F. D. ».

En un éclair, le professeur comprend qu’il est démasqué…

Christoph Marthaler murmure à l’oreille du professeur désarçonné :

« If you don’t know what to say, just smile, and slip away ».

Meine Fair Dame… pousse alors le bouchon très loin et dépasse la simple relecture du cultissime My fair Lady filmé par Cukor en 1964 où Rex Harrison enseignait les subtilités de la prononciation de l’anglais dans la bonne société à Audrey Hepburn, selon le principe que l’idéal d’une communication parfaite passe par le bon usage des mots !

Ici, nous sommes sur la pente de l’humour suisse-allemand du Zurichois Marthaler qui désarçonne le public pour mieux le combler. Je n’irai pas jusqu’à penser que l’aura de Karl Gustav Jung, qui fleure bon à Zürich, a amené Christoph Marthaler à se nourrir de Freud… Et pourtant, comme les psychanalystes, il semble avoir acquis que les mots manquent toujours leur cible et ne disent jamais ce qu’ils pour but ultime de dire…

En conséquence, parmi les moments les plus décalés du spectacle — qui déchainent de véritables ovations dans le public— les numéros chantés, qui permettent d’entendre des standards de la comédie musicale à Wahm ! Last Christmas, de la Flûte enchantée de Mozart à Manon de Massenet dans un espace dessiné par Anna Viebrock, fidèle scénographe des spectacles de Marthaler. Pour cet opus, elle a imaginé, entre orgue et piano (tenus par le Docteur Frankenstein), des petits box individuels hyperréalistes où on dissèque la langue et le langage, sous le regard de la reine d’Angleterre !

Comme toujours avec Marthaler, la vérité est ailleurs : là où l’artiste rencontre son public et trouve grâce à ses yeux…

Ornella, Avignon 2012