Berlin 2018…

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Der Austand an sagen können…

Séminaire 2015

Nous avions pensé que la vie de Freud passée dans deux univers — slave puis autrichien — pouvait éclairer notre recherche. Mais au cours de notre séminaire 2014, il nous est apparu que c’est la langue de ses parents — mixte d’hébreu et de yiddish, la Gaunersprache — qui pouvait faire fonction de langue cachée de ses rêves. (Freud dit littéralement que « le contenu manifeste et la pensée latente du rêve s’offrent à nous comme deux présentations du même contenu en deux langues distinctes (…) »).

Nous n’avons pas souhaité expliquer une langue par l’autre, mais enrichir l’une de la présence de l’autre. Nous avons souhaité travailler le vide — la suspension — entre ces langues. « Der Ausstand an sagen können », à savoir : la perspective de ce qui reste à dire.

Cette béance au fond même de la parole, cette profondeur muette au sein du sens : stummer Tiefsinn, cet espace intermédiaire qui se découvre entre les corps des langues : l’hébreu, le tchèque, l’allemand, nous a permis de faire la jonction entre la « surface » et la « profondeur » (Husserl) de l’être.

C’est en ce sens que nous allons, en 2015, continuer le travail sur deux rêves. Celui de  « La monographie botanique ». (Die Traumdeutung. Fischer Taschenbuch Verlag, 1998 : Seiten 180, 181-188, 191 note 4, 201, 288-291, 309, 461). À plusieurs reprises, Freud répète qu’il ne peut révéler le sens du rêve de la monographie botanique « pourtant analysé à fond », car il est en étroite relation avec une scène de son enfance (scène qu’il raconte ailleurs, dans un autre texte !). Pour le second, il dit ne pouvoir exposer l’analyse de la seconde partie du rêve du « Comte Thun (ou Taaffe)» — Tafe est une prison en langue des truands —, « par égard pour la censure ».

Freud aura inventé la psychanalyse en transposant ses rêves dans une langue politiquement correcte, par crainte de représailles. “On éprouve une crainte bien compréhensible à dévoiler tant de faits intimes de sa vie personnelle. On n’est jamais assuré, ni protégé d’une interprétation erronée de la part d’étrangers” (S. Freud. Die Traumdeutung. Fischer Taschenbuch Verlag, 1998 : Seite 119)

Ce séminaire aura lieu tous les 3e lundis du mois

chez Michèle Jung en Avignon(France).

Première séance le lundi 19 janvier 2015 à 20 Uhr

Contact : Michèle Jung

06 82 57 36 68

michele.jung@kleist.fr

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