Holzfällen…

Peu de temps après son 85e anniversaire, le metteur en scène et Directeur du Berliner Ensemble pendant 18 ans, Claus Peymann a donné une lecture à Berlin. Il a été invité au théâtre de la Renaissance, les autres théâtres berlinois n’ont pas souhaité l’accueillir. « Ils ont probablement tous peur de moi », a-t-il déclaré jeudi soir sur scène (le 9 juin 2022), visiblement amusé, avant d’y lire « Holzfällen » de l’écrivain autrichien Thomas Bernhard.

Peymann n’est plus très jeune, comme il le remarque lui-même au début de la soirée… Accueilli par de chaleureux applaudissements, il apparaît, tout de noir vêtu, sa veste Mao boutonnée, et joue d’abord le rôle de maître de cérémonie en se tenant nonchalamment au bord de la scène. La salle est aux anges ! Puis il va s’asseoir dans un superbe fauteuil à oreilles, en velours rouge…

« Holzfällen » de Thomas Berhard est un grandiose règlement de comptes avec la société bourgeoise de Vienne. De son fauteuil, le narrateur y décrit un « dîner artistique » dans la maison du compositeur Auersberg et de son épouse (die Eheleute Auersberger).

On attend un acteur célèbre du Burgtheater qui, à peine arrivé, se moque du futur directeur du dit Burgtheater : « Je me fiche de savoir qui est le nouvel homme qui entre dans la maison. Peu lui importe apparemment que dix ou onze directeurs y aient déjà été nommés, et qu’ils ont tous disparu… Personne ne se souvient de leur nom aujourd’hui ! »…

Ornella

 

 

 

 

Professor Bernhardi…

 

von Arthur Schnitzler
Fassung von Thomas Ostermeier und Florian Borchmeyer
Regie: Thomas Ostermeier

Internist Bernhardi, Direktor einer renommierten Privatklinik, verweigert einem Pfarrer den Zugang zum Zimmer einer Patientin, der dieser die Sterbesakramente spenden möchte. Im Endstadium einer tödlichen Blutvergiftung, Folge einer unsachgemäßen Abtreibung, deliriert die junge Frau, sie sei völlig geheilt. Bernhardi hält es für seine ärztlich-humanistische Pflicht, ihr ein »glückliches Sterben« zu ermöglichen und sie nicht aus dieser Illusion zu reißen. Der Pfarrer wiederum besteht auf seinem religiösen Auftrag als Seelsorger. Beide scheitern: Während sie diskutieren, verstirbt die Kranke – zuvor noch alarmiert durch das Pflegepersonal, das gegen den Willen des Arztes den Besuch des Pfarrers ankündigte.

Für den jüdischstämmigen Bernhardi weitet sich der unglückliche Zwischenfall rasch zu einem politischen Skandal aus, der seine Existenz und die der Klinik zu ruinieren droht. Ihm wird ein gezielter Übergriff auf religiöse Gefühle von Christen unterstellt. Bald bricht ein latent grassierender Antisemitismus überall offen zutage. Der Stiftungsrat des Instituts tritt aus Protest gegen Bernhardi zurück. Konkurrenten in der Ärzteschaft nutzen gezielt antijüdische Ressentiments, um Bernhardi zu suspendieren und so sich und ihre Freunde in die Leitungspositionen zu bringen. Im Parlament erreichen rechte Populisten gar die Eröffnung eines Strafverfahrens gegen Bernhardi. Schließlich versagt selbst der zuständige Minister, Bernhardis Studienfreund Flint, ihm die Unterstützung, um für diesen Einzelfall nicht sein politisches Programm in Gefahr zu bringen. Dafür erfährt Bernhardi plötzlich die Solidarität linker Kreise, die ihn zum Märtyrer machen wollen. Doch er möchte sich nicht für ihre politischen Ziele instrumentalisieren lassen – und verzichtet bewusst auf einen öffentlichen Kampf gegen die Lügen und für seine Rehabilitierung.

»Professor Bernhardi« ist einer der wenigen dramatischen Texte, die minutiös einen beruflichen Kontext jenseits der emotionalen und familiären Hintergründe seiner Figuren entfalten. Die Arbeitswelt des Krankenhauses wird zugleich zum modellhaften Ausschnitt einer von Karrierismus, Konkurrenz und Ressentiment dominierten Gesellschaft, deren unterschwellige Triebkraft der Antisemitismus ist. In seiner Inszenierung von Schnitzlers Komödie – als die der Autor sein Stück doppelbödig bezeichnete – geht Thomas Ostermeier dabei besonders der Frage nach, wie ein isolierter Vorfall von einer Gruppe systematisch für die eigenen Machtbestrebungen und Partikularinteressen instrumentalisiert werden kann; wie scheinbar unbestreitbare Fakten diskursiv so weit verbogen und relativiert werden, bis das »objektiv Richtige« zusehends seine bestimmbaren Konturen verliert. Was bleibt von der Wahrheit übrig, wenn sie zwischen divergierenden Deutungen immer weiter zerrieben wird?

Autor: Arthur Schnitzler
Regie: Thomas Ostermeier
Bühne: Jan Pappelbaum
Kostüme: Nina Wetzel
Musik: Malte Beckenbach
Kamera: Andreas Hartmann / Stefan Kessissoglou / Anastasiia Gavrilova
Videodesign: Jake Witlen
Dramaturgie: Florian Borchmeyer
Licht: Erich Schneider

Hans Neuenfels…

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Hans Neuenfels

Hans Neuenfels im Jahre 1981

Der Regisseur Hans Neuenfels hat Theater und Oper seit den 1980er Jahren entscheidend geprägt.

Seine Inszenierungen lösten Begeisterungsstürme aus – und Skandale.

Am 6. Februar 2022 ist er im Alter von 80 Jahren in Berlin gestorben. (Ein Nachruf von Maria Ossowski, rbb-Kulturjournalistin)

Hans Neuenfels studierte Schauspiel und Regie am Max-Reinhardt-Seminar in Wien und an der damaligen Folkwang Hochschule in Essen. Für kurze Zeit war Neuenfels Assistent des Surrealisten Max Ernst und lebte mit ihm in Paris.

Er Inszeniert Penthesileaam Schillertheater (Berlin) mit seiner Gattin Elisabeth Trissenar in der Titel Rolle, es war im Jahre 1981 ; das Käthchen von Heilbronn auch im Burgtheater mit Anne Bennent (1977).

Neben seiner Theaterarbeit drehte er Filme.

Sein Film mit Peter Stein als Regisseur : Heinrich von Penthesilea (1983) wurde im « Forum » Programm der Berlinale uraufgeführt. Der verschränkte Titel besagt, daß er hier nicht allein um die Verhängnis-Verwandtschaft zwischen dem griechischenn Halbgott und der Amazonenfürstin geht, die aus der Liebesnot, wer wen besiegen soll, solange keinen Ausweg finden, bis Penthesilea gemeinsam mit ihren Hunden den Helden zerfleischt und daraufhin ihren eigenen Tot als Seelen-Suizid vollstreckt.

Michèle Jung, 08/02/2022

Ô Tod wie bitter…

Penthésilé.e.s/Amazonomachie est un spectacle du Festival d’Avignon 2021, il est classé « indiscipline » car il mêle le théâtre, la danse, la musique/le chant et la vidéo, il est écrit par Marie Dilasser, sur une commande de Laetitia Guédon.

Pour cette mise en scène, Laetitia Guédon n’a pas usiné une pièce supplémentaire qui viendrait s’emboîter ou compléter un peu plus le système dans lequel on a jusque-là enfermé Kleist, mais une pièce qui offre la possibilité de nouveaux jeux, de nouveaux agencements, de nouvelles bifurcations ou connexions. J’en donnerai quelques exemples.

Penthésilé.e.s est plurielle — L. Guédon en témoigne par l’écriture inclusive du prénom de l’Amazone, et également par l’interprétation de son personnage : tantôt guerrière insatiable de violence et mots, tantôt corps métamorphosé mi-femme mi-homme mi-animal, tantôt demi-déesse au langage vocal insondable soutenue par le chœur… Dans cette pièce, elle est représentée par trois comédien-e-s. D’abord, Marie-Pascale Dubé qui va s’opposer à Achille et mourir à la fin du combat : Marie-Pascale est inspirée, par le katajjaq, le chant de gorge inuit, dont elle conserve une approche résolument moderne. Puis, Lorry Hardel très proche de la Penthésilée que nous nous sommes représentée jusqu’à ce jour. Enfin, Seydou Boro qui, pour nous, se rapproche le plus de la créature de Kleist quand il écrit :

“ (…) J’y ai mis tout le fond de mon être (…), à la fois toute la souillure
et tout l’éclat de mon âme ” (Dresde, fin de l’automne 1807).

Tout au long du spectacle nous sommes dans un antre-deux (a-n-t-r-e j’ai bien dit !), entre vie et mort et la mort est là, toute proche, fascinante. Derrière cet épais rideau, le drame surgit et les choses bougent, elles entrent (e-n-t-r-e) dans le champ de la conscience, lentement. C’est lentement aussi que les trois personnages évoluent sur le plateau où se joue : Penthésilé-e-s. Penthésilée se déplie, se dé-multiplie, elle sera “ trois ” (Trinité ?) dans une danse — d’un pas à pas du cheval (Seydou Boro) qui va l’amble et qui pour moi fait apparaître Kleist.

Scéniquement, l’espace de Penthésilé.e.s/Amazonomachie se structure autour d’une réinterprétation du hammam. Cet espace à la fois précieux et tellurique est un lieu dont sont exclus les hommes, répondant à l’organisation sociale des mythiques Amazones.

Vocalement, le choeur de femmes est très percutant dans sa troisième et dernière partie en forme « d’oratorio pour les temps nouveaux ». Les chants sacrés sont empruntés notamment à Mozart et Haendel interprétés par Sonia Bonny, Juliette Boudet, Mathilde de Carné et Lucile Pouthier.

Michèle Jung
Avignon, 22 juillet 2021

Kito Katoka…

Kitokatoka signifie « albinos » en tanzanien…

Kito Katoka est un roman écrit par Cy Jung…

La Tanzanie ? Dans ce pays du sud-est de l’Afrique, les albinos sont mutilés ou assassinés. La raison de ces violences ? Les restes de leur corps entrent dans la composition de remèdes magiques, vendus par les sorciers à des prix exorbitants.

Et Kito Katoka ? C’est l’héroïne du roman de Cy Jung. Kito a huit ans quand elle est recueillie par un couple français vivant dans le 19e arrondissement de Paris.

Laissons-la nous poser le décor : C’est bizarre de penser que l’on a déjà une histoire quand on a 8 ans. C’est comme si j’étais un livre, avec des pages, dont certaines sont si collées ensemble que je n’arrive pas à les ouvrir pour les lire. Je ne peux pas voir à travers non plus…

Vous avez dit « résilience » ?

Oui, je dis : résilience

Kito, commande

Lust an der Grenze 2…

East side Gallery, Berlin

Lust an der Grenze

Phantastische Konstruktionen der Einmauerung und des Ausgeschlossenseins

Ein öffentliches Seminar der Freud-Lacan-Gesellschaft Berlin

Leitung: Claus-Dieter Rath

Samstag 6. März 2021 (17.15h – 19h) à Berlin

(Lire la version allemande)

Une frontière fantôme hante nos sociétés. La chose apparaît comme une oisiveté absente et rêveuse et crée un sentiment d’auto-libération et de triomphe secret – accompagné d’agonie et de mépris de soi. Ce n’est donc pas du dolce farniente et cela diffère de l’ennui parce que quelque chose appelle à l’adaptation et au rejet. Un plaisir inhibiteur indissociable jusqu’à ce que la bulle menace d’éclater. (Intro CD Rath)

Susanne Hübner (Berlin): La procrastination – un symptôme hystérique?

Le terme «procrastination», dans sa signification de report chronique et problématique d’activités urgentes en suspens, est devenu le slogan d’un certain nombre de conseillers en affaires et en psychiatrie depuis environ deux décennies. En suivant quelques conseils basiques et banals d’autogestion, un soulagement rapide est promis au travail et dans la vie de tous les jours. Les groupes ciblés sont principalement les étudiants, les universitaires et les indépendants, considérés comme particulièrement vulnérables. On se demande cependant pourquoi le besoin de conseils en matière de procrastination persiste alors qu’il semble si facile à surmonter, surtout dans un milieu bien informé et déjà exercé à faire face à des tâches complexes.

Du point de vue de la psychanalyse, il est évident de voir la procrastination comme un autre «décalage» au travail, qui vient d’une «scène différente». Ce qui est étonnant, c’est que le dépassement constant de délais importants met sa propre existence en danger, mais les personnes touchées savent généralement comment maintenir la vie dans / en état de crise à un niveau relativement élevé – malgré l’effort supplémentaire souvent non négligeable qui s’accompagne de procrastination avancée. Le désastre est également tergiversé. Le procrastinateur sait impliquer quelqu’un d’autre, généralement au rang de représentant paternel, dans une scène où il lui appartient de lui accorder à plusieurs reprises un répit (période de potence) …

À la suite de quelques réflexions de Freud sur le symptôme et les possibles conflits d’ambivalence sur lesquels il se fonde, j’essaye d’éclairer ce drame dans ses aspects tragiques aussi bien que comiques. Une autre question à débattre pourrait être la raison pour laquelle la procrastination, dont le travail est susceptible de remplir des volumes dans les classeurs de l’administration, se concrétise dans un monde bien organisé et économisé. Y a-t-il là une complicité secrète?

Recommandé pour la lecture: (Ceux qui se sont inscrits peuvent recevoir les textes de Krauss et Macho pour une lecture préparatoire.)

  • Freud, Sigmund (1926d): Hemmung, Symptom und Angst. GW 14, S. 111-205.
  • Freud, Sigmund (1928b [1927]): Dostojewski und die Vatertötung, GW 14, S. 399-418.
  • Krauß, Anja (2018): Prokrastination und die Gunst der Stunde, in: psychosozial 153 (s. u.)
  • Israël, Lucien [1976 i. Org.]: „Die Hysterie ist ein Kampf“, in: Die unerhörte Botschaft der Hysterie. 6. Auflage. München: Ernst Reinhardt Verlag (2020). S. 118-125

Weiterführende Literatur:

  • Kirchhoff, Christine u. a. [Hg.] (2018): Prokrastination. psychosozial 153

Les participants à ce séminaire explorent la fonction de tracer et de franchir les frontières telles qu’elles apparaissent dans l’expérience psychanalytique et politique.

Celles-ci incluent les questions suivantes: si des spectacles aux frontières sont mis en scène partout aujourd’hui, la psychanalyse peut-elle être capable d’éclairer le désir et la rébellion qui y sont actifs et de reconnaître des liens, par exemple, avec les problèmes du moi-corps et l’occupation de zones? Comment la démarcation, l’exclusion et la limitation, l’isolement, le confinement dans la névrose, la psychose, la perversion fonctionnent-ils psychologiquement? Et comment change le plaisir / le déplaisir et la douleur ? De l’attachement et de la délivrance ? Que font les différents types de défauts ? Comment – «Plaisir à la frontière» – le plaisir peut-il contenir la jouissance exubérante?

Réussissons-nous à décrire les relations entre l’organisation psychologique et

  • l’image horrible propagandiste de l’ouverture des frontières, à la suite de laquelle la population locale et sa culture sont censées périr dans un flot de migrants,
  • les compulsions d’identification subjective et collective, la politique de l’altérité, l’évocation d’une identité de groupe particulière et un désir diffus de souveraineté,
  • peur de la mondialisation, désir de frontières et efficacité des promesses de libération qui séduisent à être inclus dans les systèmes de communication et de signalisation,
  • la fascination pour abattre les frontières ou aux passages frontaliers (calculés, provocateurs, sans tête),
  • la coexistence de sentiments bruts et la plus haute sensibilité au narcissisme des petites différences,
  • la levée des contrôles aux frontières ou leur réintroduction (également en ce qui concerne la correction linguistique et morale ou les lignes directrices et normes esthétiques et écologiques) ?

Comment ces processus sont-ils véhiculés dans les mythes collectifs et individuels? Quel rôle jouent la langue, la topologie (avec ses barrières et ses nœuds) et la sexualité à cet égard ?

Étudions aussi la frontière comme lien de connexion, c’est-à-dire le trafic frontalier entre les «royaumes, régions, provinces dans lesquels nous divisons l’appareil de l’âme de la personne» (Freud: La décomposition de la personnalité psychique, GW XV, p. 79 ).

« Normalement, rien n’est plus sûr pour nous que le sentiment de nous-mêmes, notre propre ego. Cet ego nous apparaît comme indépendant, uniforme, bien éloigné de tout le reste. Que cette apparence soit une tromperie, que l’ego soit plutôt intérieurement sans frontières nettes dans une recherche psychanalytique inconsciente qui nous doit encore beaucoup d’informations sur le rapport de l’ego au ça, nous a appris que la recherche psychanalytique se poursuit.

La pathologie nous enseigne un grand nombre d’états dans lesquels la délimitation de l’ego du monde extérieur devient incertaine, où les frontières sont vraiment mal tracées. Les cas dans lesquels des parties de notre propre corps, même des morceaux de notre propre vie mentale, des perceptions, des pensées, des sentiments semblent étrangers et n’appartiennent pas à l’ego, d’autres dans lesquels nous attribuons au monde extérieur ce qui a évidemment son origine dans l’ego et qui devraient être reconnus par lui. Ainsi, le sens de l’ego est également sujet à des perturbations et les frontières du Moi ne sont pas permanentes.  »

Freud (1929): Le malaise dans la culture, GW XIV, p. 423f.

Lust an der Grenze…

An Ulrike von Kleist. Frank Stella. New York, 2001.

An Ulrike von Kleist. Frank Stella. New York, 2001.

Phantastische Konstruktionen der Einmauerung und des Ausgeschlossenseins. Ein öffentliches Seminar der Freud-Lacan-Gesellschaft Berlin. Leitung: Claus-Dieter Rath

Samstag 13. Februar 2021 (17.15h – 19h):

Negationismus, Verwerfung und psychotischer Negativismus

Auch dieses Mal bezieht sich das Seminarthema „Lust an der Grenze“ auf individuelle und kollektive Dimensionen des Wissens und des Nichtwissenwollens.

Verwerfung nennt Freud drei verschiedene Formen der Ausgrenzung bzw. der Nicht-Annahme. Die erste davon, die uns diesmal interessiert, kommt ohne eine kritische Urteilsfindung reflexhaft zur Abweisung eines behaupteten unerträglichen Sachverhalts. Dieser wird als inexistent und seine Behauptung zu einer niederträchtigen Lüge bzw. zum Inhalt einer Verschwörung erklärt. Diese Form der Verwerfung kann Vernichtungswünsche aktivieren, etwa in Gestalt von Vorbereitungen auf einen „Tag X“ des großen Reinemachens.

Das Wort Negationismus, das bislang für die Leugnung eines Völkermords, besonders des organisierten Mordes an den Juden im Nationalsozialismus, reserviert war, wird nun auch im Zusammenhang mit der Leugnung der COVID-19 Virus-Pandemie gebraucht.

Können die Entstehung und die Wirkungen dieser gemeinhin als „irr, verrückt, hirnverbrannt“ bezeichneten Äußerungen durch klinisch-theoretische Konzepte der Psychoanalyse wie Verneinung, Verwerfung und Negativismus erhellt werden?

Und steckt in neurotischen und psychotischen Konfigurationen der Verwerfung etwas „Virales“, das sogar stabilere Massenbildungen herstellen kann?

Einleitung C.-D. Rath

„Die Bejahung – als Ersatz der Vereinigung – gehört dem Eros an, die Verneinung – Nachfolge der Ausstoßung – dem Destruktionstrieb.

Die allgemeine Verneinungslust, der Negativismus mancher Psychotiker ist wahrscheinlich als Anzeichen der Triebentmischung durch Abzug der libidinösen Komponenten zu verstehen.“ (S. Freud [1925h]. Die Verneinung. GW 14, S. 15; SA 3, S. 376.)

„Verwerfung hat bei Freud drei Valenzen: 1. als Vorstufe der Verdrängung, d.h. als forclusion im Lacan’schen Sinn, 2. als die Verdrängung selbst, 3. als ein neuer, ökonomisch besserer Mechanismus, der die Verdrängung ablöst (als Fortschritt), eine Verwerfung, die nicht auf einem Automatismus beruht, sondern auf einem Urteil. Es gibt Verwerfung also mit und Verwerfung ohne Urteil.“

(C.-D. Rath [2013]: Die »neuerliche Prüfung« als Ziel der Konstruktionen in der Analyse. Drei Arten der Verwerfung bei Freud. In: „Berliner Brief“ [Hrg. Freud-Lacan-Gesellschaft Berlin], Sonderheft VII « Was in der psychoanalytischen Kur wirkt », S. 185-210.)

Peter Müller (Karlsruhe): Negativismus, Verneinung, Verwerfung

« Wo ist der Vater da drin? Er ist im Ring, der alles zusammenhält.“ (Jacques Lacan : Die Psychosen, Seminar III ; s.u., S. 376, frz. S. 359)

Zur Lektüre empfohlen:

– S. Freud (1896): Analyse eines Falles von chronischer Paranoia [Frau P.] (=Weitere Bemerkungen über die Abwehr-Neuropsychosen, Kap. III). GW I, S. 392-403.

– S. Freud: Briefe an Wilhelm Fließ 1887-1904. Frankfurt a.M.: S. Fischer. Brief 112 v. 6. Dez. 1896, S. 217-226.

– J. Lacan: Die Psychosen, Seminar III, Vorlesung XI v. 15. 2. 1956 („Über die Verwerfung eines ursprünglichen Signifikanten“); Abschnitt 3, S. 181-187, bezogen auf den obigen 112. Brief Freuds an W. Fließ (= Brief 52 in der alten Ausgabe).

Barbara Marte (Portici/Napoli): Anmerkungen zum Negativen bei Hegel, Freud und Heidegger

Die Angst ist ein Kleid…

aus

Schatten (Eurydike sagt)

Schaubühne am Lehniner Platz (Berlin)

von Elfriede Jelinek

Regie Katie Mitchell

mit Julie Böve, Stephanie Eidt, Renato Schuch, Maik Solbach

Eurydike kehrt aus dem Reich des Todes zurück in das Leben. Orpheus, der gefeierte Sänger, führt sie zurück durch Tunnels, über düstere Korridore, dunkle Afzugsnächte hinauf und fährt die durch endlose, leere unterirrdische Straßen. Während ihrer Reise erinnert sie sich, wie sie zu Lebzeiten als Autorin stets im Schatten ihres Gelienten Orpheus stand, in ihrer Gesellschaft, die für sie keinen eigenständigen Platz vorgesehen hatte. Je näher sie dem Ende ihrer Reise kommt, desto klarer wird sie sich über die Tatsache, dass ihr die schattenhafte Nicht-Existenz im jenseits viel lieber ist, als ein fremdbestimmtes Leben im Körper einer Frau.

Elfriede Jelinek setzt in « Schatten (Euridike sagt) » ihre Beschäftigung mit weiblichen Mythen aus feministischer Perpestive fort. Zum ersten mal inszeniert die britische Regisseurin Katie Mitchell, die regelmäßig an der Schaubühne arbeitet, einen Text der mit dem Literatur-Nobelpreis ausgezeichneten österreichischen Autorin. Zusammen mit einem Ensemble und Sounddesignem erfindet sie in ihrer Inszenierung mit Live-Video auf der Bühne Bilder und akustische Räume für Euridikes unfreiwillige Reise aus dem Reich der Schatten zurück in die patriarchale Zivilisation.

Hier, das Stück auf Französich :

https://www.franceculture.fr/emissions/avignon-2017-fictions/ombre-eurydice-parle-delfriede-jelinek?xtor=EPR-5&actId=ebwp0YMB8s0XXev-swTWi6FWgZQt9biALyr5FYI13Ooh6T_AgE6Mdt8SkIKwMoFh&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=578450

 

Michèle Jung

Berlin, le 4 décembre 2016

Eros et Thanatos…

La Cour d’Honneur

 

Ce mercredi 8 avril, le directeur du Festival d’Avignon Olivier Py faisait part de son inquiétude quant à la tenue du Festival cet été. Malgré tout, l’espoir règne.

Parmi les nouvelles formes qu’engendre la contrainte du confinement, est apparue hier sur le site du Festival et sur sa page Facebook, une expérience inédite : la conférence de presse virtuelle d’un Festival dont on ne sait s’il pourra se tenir.

Le sort de la 74e édition du festival d’Avignon n’est pas encore scellé. Une chose est sûre : sa « faisabilité est compromise » pour reprendre le vocable d’Olivier Py.

Si le festival n’avait pas lieu, les conséquences seraient catastrophiques pour le festival lui-même (qui vit à 50% de ses recettes et pourrait ne pas s’en remettre), pour les compagnies qui pourraient ne pas survivre à cette annulation, pour les artistes et les techniciens bien sûr, pour les théâtres (qui accumulent les fermetures), mais aussi pour la Ville et pour la Région.

Dans ce contexte, la conférence de presse virtuelle qui annonçait la programmation tout aussi virtuelle du Festival — suspendue aux décisions des autorités sanitaires — aurait pu prendre un tour assez désespéré. Il n’en fut rien.

Hier, donc, à 14 heures, trompettes et cigales ouvraient une séquence étonnante. Et l’exercice, en dépit ou peut-être même grâce à ces contraintes, s’est mué en manifeste. C’est l’utopie du Festival qui était donnée à voir, et plus largement celle du Théâtre.

« Vous dire ce jour et à cette heure comment se présentera exactement la 74e édition est difficile,

mais il nous paraît important de vous raconter celle que nous avons rêvée »,

a annoncé Olivier Py.

A priori un directeur devant sa webcam et une succession de vidéos d’artistes confinés présentant des spectacles qui n’auront peut-être pas lieu, n’a rien d’excitant. Pourtant, au fil de ce live une réponse en filigrane à la question « que peut le théâtre ? » et que peut-il plus que jamais aujourd’hui s’est imposée.

Avant même que l’épidémie de coronavirus n’envahisse le monde, le thème de cette 74e édition avait été donné : Eros et Thanatos. Couple mythologique de l’amour et de la mort. Comment aime-t-on et désire-t-on aujourd’hui ? Quel est notre rapport à la mort ? Et comment vivons-nous à notre époque cette tension entre ces deux pôles indissociables ? Des questions qui se télescopent soudain avec une vertigineuse acuité tandis que l’humanité traverse une épreuve historique.

Alors au fil des vidéos le programme s’est imposé comme une utopie nécessaire. Le metteur en scène Ivo Von Hove parlant de son spectacle sur le jeune Freud et sa détermination à comprendre autrement la nature humaine ; la compagnie Siamese évoquant ces chants du nord de la Grèce qui permettent de surmonter les tragédies ; le Raoul Collectif racontant cette « Cérémonie » où des participants assistent sans le comprendre à un rituel qui enterre un ancien système ; Penthésilée… Des dilemmes moraux sur la bonté et la miséricorde ; un joueur de flûte dératiseur ; la langue du poète Valère Novarina tentant de soigner le monde avec des mots plus sensibles que sensés ; ou encore l’inconscient des groupes et leurs pulsions : tout semble pouvoir donner forme à ce que nous sentons et affrontons ensemble avec cette crise.

A la fin de la conférence virtuelle, la démonstration était faite (par l’absolu et par l’absence potentielle) de ce que peut pour nous le théâtre.

d’après Mathilde Serrell