In einer poetischen Spurensuche lässt Regisseurin Regina Schilling das Publikum am Entstehen von Kunst teilhaben: Schauspielerin Sandra Hüller nähert sich dem Leben von Ingeborg Bachmann an einem imaginären Tag und verleiht ihren Worten eine eindringliche Präsenz. Mit einem kunstvollen Geflecht aus improvisierten Szenen, Archivschätzen, Interviews und Bachmanns eigenen Texten durchmisst der Film die zentralen Lebensphasen der Autorin – von der Kriegskindheit in Kärnten, dem Aufstieg zum Star der Gruppe 47 bis zu den letzten Tagen in Rom. Der Weg ist gezeichnet von ihren komplizierten Beziehungen zu Paul Celan, Hans Werner Henze und Max Frisch und einem unnachgiebigen Ringen um eine eigene, radikale Sprache zwischen öffentlichem Ruhm und existenziellen Krisen.
Archives de l’auteur : Michèle JUNG
Im Herzen der Gewalt…
Thomas Ostermeier a adapté pour le théâtre le roman d’Edouard Louis, Histoire de la violence, avec l’auteur. « Im Herzen der Gewalt » est le fruit de cette collaboration.
Directeur: Thomas Ostermeier
Directeur de la collaboration: David Stöhr
Scène et costumes: Nina Wetzel
Musique: Nils Ostendorf
Vidéo: Sébastien Dupouey
Dramaturgie: Florian Borchmeyer
Lumière: Michael Wetzel
Collaboration Chorégraphie: Johanna Lemke
Avec: Christoph Gawenda, Laurenz Laufenberg, Renato Schuch, Alina Stiegler
Musicien: Thomas Witte
En rentrant d’un dîner de Noël à Paris, le jeune Édouard rencontre Reda, un homme d’origine algérienne, à 4 heures du matin sur la place de la République. Ils entrent en conversation, commencent à flirter et, un peu plus tard, Édouard emmène Reda dans son appartement où il passent la nuit. Reda parle de son enfance et de son père qui a fui d’Algérie pour la France. L’ambiance est exubérante, ils rient, échangent de la tendresse et font l’amour. Mais au départ de Reda, Édouard découvre que son smartphone a disparu.
Reda revient, sort un revolver et le menace. La situation se transforme soudainement en violence et conduit au viol d’Édouard.
« Reda se lève et marche d’une extrémité à l’autre de la chambre.
REDA : tu vas le payer, je vais te buter moi, sale pédé, tu m’as traité de voleur, je vais te faire la gueule, pédale !
EDOUARD, VOIX INTERIEURE : voilà pourquoi il désire et déteste son désir. Maintenant il veut se justifier de ce qu’il a fait avec moi.
Il veut me faire payer son désir.
Il veut me faire croire que ce n’était pas parce qu’il me désirait que nous avons fait tout ce que nous avons fait, mais que ce n’était qu’une stratégie pour faire ce qu’il me fait maintenant.
REDA hurlant : sale pédé ! T’es qu’un putain de sale pédé ! Il secoue Edouard. Soudain il se calme. Il l’embrasse. Arrête d’avoir peur, je suis sensible, j’aime pas quand les gens ont peur ou quand les gens pleurent. »
Le lendemain matin, Édouard va à la police, puis à l’hôpital pour des soins médicaux.
Pour faire face à son traumatisme, il s’enfuit dans le Nord de la France et confie cette histoire à sa sœur Clara.
Les réactions, de son environnement, de la police et des médecins traitants à l’incident dramatique, révèlent un racisme socialement profond, une homophobie et des structures de pouvoir non transparentes.
Michèle Jung
de la Shaubühne am Lehniner Platz, le 18 juin 2026
« Comment traverser les sombres temps »…
… spectacle d’Audrey Vernon.
C’est l’histoire d’une comédienne qui voulait monter une comédie musicale sur Diam’s, une sorte de biopic sur une artiste qui a bataillé sec dans le milieu très mâle du rap, avant de mettre les voiles, au pluriel comme au singulier, de passer de « l’ultra-célébrité à la religion, du capitalisme à la spiritualité ». Et puis… Il y a eu l’Ukraine, Nahel, le réchauffement climatique, le massacre du 7 octobre, le déluge de feu sur Gaza. Le philosophe Adorno estimait qu’on ne pouvait plus écrire après Auschwitz. Mais « on est après Auschwitz, Hiroshima, Nagasaki, l’Irak, l’Ukraine, le Soudan, le Rwanda, le Congo et pendant Gaza », constate Audrey Vernon.
Faire ou ne pas faire du théâtre quand un génocide se déroule à quelques milliers de kilomètres ? Quand la planète brûle, quand la Méditerranée est un cimetière à ciel ouvert. Et oh, comment ça va, le monde ? Seule en scène, Audrey Vernon brave tout, la lâcheté, la couardise qui enveloppent le monde dans un linceul d’hypocrisie. Elle cherche des points d’appui, histoire de ne pas crever « de faiblesse » comme aurait pu dire Romain Gary ; histoire de ne pas sombrer dans la sidération, le défaitisme. Dans une salopette bleu travail, elle va convoquer le Big Bazar et Hannah Arendt ; Chantal Goya et Hannah Arendt ; ses crises existentielles, environnementales ou féministes, les travaux dans sa cuisine et Hannah Arendt, toujours.
Pour « Traverser les sombres temps », Audrey Vernon a imaginé une comédie musicale, où la figure de la philosophe allemande en serait l’épicentre. Une constellation Arendt où on croise Günther Anders, Walter Benjamin, Brecht, Tolstoï, Kafka, Dostoïevski.
Audrey Vernon transforme la scène en une Zone poétique à défendre. Elle a trouvé ce point d’équilibre qui conjugue rire et intelligence. Parce qu’on sort plus intelligent, plus armé de ce spectacle qui fait un joli bras d’honneur à la démagogie et la médiocrité ambiante. Une heure et demie durant laquelle on aura traversé les temps sombres du siècle passé, et les sombres temps d’aujourd’hui.
Son spectacle se clôt sur un poème de Refaat Alareer, poète palestinien mort à Gaza sous les bombes israéliennes le 6 décembre 2023 :
« S’il est écrit que je dois mourir/
Il vous appartiendra alors de vivre/
Pour raconter mon histoire/
Pour vendre ces choses qui m’appartiennent/
Et acheter une toile et des ficelles/
Faites en sorte qu’elle soit bien blanche/
Avec une longue traîne/
Afin qu’un enfant quelque part à Gaza/
(…) Puisse voir ce cerf-volant/
Revenu lui apporter de l’amour/
S‘il était écrit que je dois mourir/
Alors que ma mort apporte l’espoir/
Que ma mort devienne une histoire.
Vœux 2026…
Mis en avant
Dali à Berlin…

Dali. « Enlèvement d’Europe »
Diese Ausstellung am Potsdamer Platz ermöglicht mit über 450 Exponaten aus privaten Sammlungen weltweit, den wohl umfangreichsten Einblick in Salvador Dalís virtuose und experimentierfreudige Meisterschaft in nahezu allen Techniken der Kunst direkt in Berlins pulsierender Mitte. „COME INTO MY BRAIN“, lud Salvador Dalí einst selbst ein. Das Museum zeigt in seiner Dauerausstellung Werke aus einem Pool von über 3.000 Sammlungsstücken, die Dalí als Surrealisten auszeichnen : Darunter befinden sich Arbeiten, bei deren Entstehung er mit Musketen auf wuchtige Lithosteine schoss und damit den Bulletismus begründete, mit Nägeln gefüllte Bomben explodieren ließ oder mit einer Dampfwalze über eine Nähmaschine fuhr. Man folgt (ohne Mühe) den Weg in diese faszinierende Welt. Für mich war es heute, den 26. April.
Ornella
Elle est trop belle !
Humeur…
L’ange exterminateur…
« An den Ufern der Havel lebte um die Mitte des sechzehnten Jahrhunderts ein Roßhändler, namens Michael Kohlhaas, Sohn eines Schulmeisters, einer der rechtschaffensten zugleich und entsetzlichten Menschen seiner Zeit. Dieser außerordentliche Mann würde, bis in sein dreißigstes Jahr, für das Muster eines guten Staatsbürgers haben gelten können. Er besaß, in einem Dorfe, das noch von ihm den Namen führt, einen Meierhof, auf welchem er sich durch sein Gewerbe ruhig ernährte ; die Kinder, die ihm sein Weib schenkte, erzog er in der Furcht Gottes zur Arbeitsamkeit und Treue ; nicht einer war unter seinen Nachbarn, der sich nicht seiner Wohltätigkeit, oder seiner Gerechtigkeit erfreut hätte ; kurz, die Welt würde sein Andenken haben segnen müssen, wenn er in einer Tugend nicht ausgeschweift hätte. Das Rechtgefühl aber machte ihn zum Räuber und Mörder. »
Der Ort der Novelle wird von Arnaud des Pallières und Jeanne Lapoirie in die «Cevennes» verlegt, eine Gegend, wo bereits die Protestanten und die Katholiken gegeneinander gekämpft haben und wo auch im zweiten Weltkrieg heftiger Widerstand geleistet wurde.
Dort, in den großartigen und gebirgigen Landschaften, nahm der Tontechniker Jean-Pierre Duret den Klang des Himmels, der Wolken, des Windes und die Geräusche der Natur und der Tiere auf. Dadurch verleiht er ihnen einen einzigartigen Stellenwert.
Christelle Berthevas, die Drehbuchautorin, lässt die Schönheit der Pferde zur Wirkung kommen und zeigt in Großaufnahme den mißtrauischen Mad Mikkelsen, der vor Leidenschaft nur so bebt: so stellt er den ganzen Reiz eines Kleistschen Heldes dar!
Was die von De Pallières geschriebenen Dialoge angeht, so verfälschen sie nicht den Stil des Autors: ein Satz… eine lange Stille… ein Satz… feierliche, knappe Sätze… und beredsame Stillen.
De Pallières hat sich auch einige Freiheiten herausgenommen: er gewährt gewissen Figuren einen größeren Raum (Kohlhaas’s Tochter zum Beispiel) und erfindet andere: an die Stelle des Kurfürst von Sachsen setzt er die Prinzessin von Oranien (Prinz von Homburg) !
Ebenso entfällt bei ihm eine sekundäre Intrige von fantastischem Charakter. Sie ist leicht wiederzufinden, wenn ich von der « Kapsel » spreche.
Aber wissen Sie, alles das macht diese Novelle dem Zuschauer, der wir sind, verständlich. Man muss sich darüber klar sein, dass die Kleistsche Schreibweise eben nicht einfach ist.
Die Eigentümlichkeit dieser Novelle bleibt hier nicht hier stehen. Dieses Kleistsche Kunstverständnis wurde – entsprechend seines Musikgeschmacks – inszeniert wie der « Bolero » von Ravel (Penthesilea, sie, war wie eine Sonate gebaut).
Er nimmt immer wieder die ursprüngliche Auseinandersetzutng auf, vergrößert sie durch ständiges Wiederaufleben, reichert sie mit Bildern und Tönen an, die von Schauspielern erzeugt werden, die dabei immer noch zahlreicher werden. Und diese vermischen das selbst noch mit ihren eigenen Intrigen oder politischen Eigeninteressen. Ach! Kleist!
Michael Kohlhaas — auch wenn er an das XVIe Jahrhundert erinnert — ist ein Nachdenken über die zeitgenössische Welt.
Die Probleme, die Fragen, die vom Film hervorgerufen werden, sind universal : Wie soll man das Recht anwenden? Was ist das Recht? Was heißt gerecht sein oder eine Ethik zu haben?
Der Film stellt die Machtfrage, und die Art und Weise Macht auszuüben. Wie wir es oft gezeigt in unseren Forschungen gezeigt haben: Kleist ist unser Zeitgenosse.
Der Film war zwar in der offiziellen Auswahl der Festspiele von Cannes, aber er bekam keinen Preis. Jedoch: Zum Abschluss des «Brussels Film Festival» erhielt er den Preis «Golden Iris Award».
Ornella, Avignon, le 29 août 2013
Le dire autrement, encore…
dire d’abord,
– projet pour un homme,
une femme
et un livre devant un lit –
et, au lieu d’un narrateur unique, choisir — pour relire La maladie de la mort, de Marguerite Duras — d’opposer un homme et une femme, sans jamais établir de dialogue, le texte n’en prévoit pas :
« Elle demande… »
« Vous dites… »
« Elle sourit… »
« Vous lui demandez… »
Lire à haute voix, c’est la voix qui rend palpable le mystère et la tension de cette rencontre désespérée.
Et entendre :
un homme engage une femme à passer quelques nuits avec lui
, il dit qu’il veut connaître ça, La femme
, des nuits passent ; s’enchaînent
, elle, elle dort
, parfois elle parle.
, lui, essaie de la regarder ;
, parfois il lui donne de la jouissance
, parfois il pleure
, il crie aussi
pendant qu’elle dort
, et toujours, il essaie de la regarder, encore
, et c’est ainsi l’impossible qui s’ouvre devant lui.
C’est effectivement l’histoire d’une rencontre, mais on ne sait pas si elle a existé hors de nous-même. Elle a tout simplement lieu dans un conditionnel. C’est peut être une de ces histoires qui sont déjà finies avant même d’avoir commencé. Ici, seulement la volonté de vivre s’affirme — malgré son impossibilité.
En traversant cette histoire, tenter de nommer ce qui paraît innommable, cerner ce qui semble être pour toujours suspendu dans un nulle part.
Ne rien voir.
Ne rien dire.
Ne rien entendre.
Être là.
Prêt ou pas.
Être là.
Pour entendre.
Quelque chose.
Peut-être.
De cette langue de Duras qui fait signe.
Ornella, Avignon, le 16 juin 2013
Die Liebe…
Die Liebe hemmet nichts, sie kennt nicht Tür noch Riegel,
und dringt durch alles sich ;
sie ist ohn’ Anbeginn, schlug ewig ihre Flügel
und schlägt sie ewiglich…
[sc_embed_player volume= »100″ fileurl= »http://www.kleist.fr/audio/06-Kleist.mp3″] Sprecher : Otto Sander und Miriam Sachs







