Comment traduire en allemand : « l’inconscient est structuré comme un langage »

Jacques Lacan

Séminaire à Lunel, saison 2006 – 2007

Deutsche Ubersetzung

Annonce

Dans “ L’étourdit ” (Autres écrits, Seuil 2001, p449-495), Jacques Lacan dit :

L’inconscient est structuré comme un langage

Nous avons commencé cette réflexion lors notre Séminaire de l’an dernier. Une synthèse a été publiée ici.

C’est à partir d’une lettre que nous a adressée Ricardo Avenburg, psychanalyste à Buenos Aires et membre du groupe, que ce travail continue cette année.

Ce Séminaire aura lieu le 2e lundi du mois chez Michèle Jung, à LUNEL (Hérault), 338 avenue Louis Abric, à 18, 20 ou 21 heures (à définir avec les participants).

Première séance le lundi 8 janvier 2007 à 20 heures

Le travail se fera à partir des textes suivants :

  • Lettre de Ricardo Avenburg, datée du 11 janvier 2006 (sera mise à disposition des participants).
  • Chapitre VII de : Die Traumdeutung. Sigmund Freud. Ed : Fischer Taschenbuch Verlag GmbH, Frankfurt am Main, 1991.
  • « L’instance de la lettre dans l’inconscient ou la raison depuis Freud », in : Écrits, page 493.
  • « Le discours de Rome », 26 sept 1953. In : La Psychanalyse, 1956.
  • Et autres…

La pratique de la langue allemande est indispensable.

Synthèse du travail effectué

de janvier à Juin 2007, 6 séances

Nous avons travaillé à partir de la lettre de Ricardo Avenburg — datée du 16 août 2006, et de son mail du 13 décembre 2006 — où il commente le texte de Hans Dieter Gondek que nous avions travaillé l’an dernier.

Ces lectures nous ont amenés à relire le chapitre VII de Die Traumdeutung, « L’instance de la lettre dans l’inconscient ou la raison depuis Freud », « Le discours de Rome » daté du 26 septembre 1953 et la séance du 10 février 1971 du Séminaire XVIII : « D’un discours qui ne serait pas du semblant ».

C’est dans« L’instance de la lettre dans l’inconscient ou la raison depuis Freud » que Jacques Lacan écrit : « Notre titre fait entendre qu’au-delà de cette parole, c’est toute la structure du langage que l’expérience psychanalytique découvre dans l’inconscient »[1].

Lacan donne son Séminaire : D’un discours qui ne serait pas du semblant l’année qui précède la publication de L’étourdit d-i-t. D-I-T. Le 10 février, il dit, D-I-T : « (…) Reste que si je sais à quoi m’en tenir, il me faut dire en même temps que je ne sais pas ce que je dis. Je sais ce que je dis, autrement dit : c’est ce que je ne veux pas dire. Ça c’est la date, la date qui marque ceci : qu’il y a Freud et qu’il a introduit l’inconscient. (…) C’est ce que j’ajoute de nouveau, ce que j’ajoute à Freud, même si dans Freud c’est déjà là, patent, parce que quoi que ce soit qu’il démontre de l’Inconscient n’est jamais rien que matière de langage. J’ajoute ceci que l’inconscient est structuré comme un langage. Lequel ? Et bien, justement, cherchez-le, c’est du français, du chinois que je vous causerai. (…) Il n’est que trop clair qu’à un certain niveau ce que je cause c’est de l’aigreur, très spécialement du côté des linguistes. (…) parce que la linguistique, je vais vous le dire : moi, je m’en fous ! Ce qui m’intéresse directement, c’est le langage, parce que je pense que c’est à ça que j’ai à faire quand j’ai à faire une psychanalyse. »

Ce que j’ai surligné caractères gras (et particulièrement ce : Lequel ?), nous a bien occupés au long de ces séances… dont le compte-rendu a été envoyé aux membres du groupe. Ici, je dirai simplement que nous avons préféré le concept de préconscient à celui d’inconscient. Que Lacan veuille bien nous en excuser.

Quelques pages plus loin Lacan dit encore : « (…) Alors, qu’il y ait une langue quand même dans laquelle ceci se dit WEI (…). WEI employé comme « comme », ça veut dire comme[2], c’est à dire que ça sert de conjonction pour faire métaphore. Ou bien encore ça veut dire « en tant que ça se réfère à telle chose »[3] — on y est encore plus dans la métaphore ! — en tant que ça se réfère à telle chose, c’est à dire justement que ça n’en est pas, puisque c’est bien forcé de s’y référer, enfin une chose se réfère à une autre. »

A la suite de ce travail, pour la traduction allemande, c’est « als» et non « wie» qui s’est imposé.

Et pour clore ce bref compte-rendu, je citerai encore Ricardo Avenburg : « En synthèse, il y a beaucoup d’inconscients, beaucoup de systèmes de « unbewusste Erinnerungen » et différents systèmes de langage en accord avec le moment où l’enfant en est de son évolution. À « l’inconscient est structuré comme un langage », je préfère : « L’appareil psychique est constitué par la structuration de divers niveaux de langages et sa partielle déstructuration par le refoulement ».

C’est une phrase du Chapitre VII de Die Traumdeutung qui sera le point de départ de notre Séminaire 2007-2008…

Michèle Jung, Avignon, novembre 2007


[1] Page 495.

[2] Nous entendons : « komm » ! ?

[3] Nous pensons : « als » ! ?

Winch only

« Winch only ». Théâtre musical. D’après « Le couronnement de Poppée » de Monteverdi. Conception et mise en scène Christoph Marthaler. CDN Dijon Bourgogne/Parvis Saint-Jean. Séance du samedi 2 décembre 2006.

Pour avoir vu « Groundings, eine Hoffnungsvariante » au Festival d’Avignon 2004, et rencontré Marthaler à cette occasion — c’était le 9 juillet — je m’étais promis de ne pas rater « Winch Only » à Dijon. Dijon ? Mais, c’est pas la porte à côté quand on habite Lunel ! Quand on aime, on ne compte pas… les kilomètres ! Non, ce n’est pas tout à fait ça… Chaque mois, je passe quelques jours dans cette ville auprès de maman qui s’est offert une éclipse cérébrale à 91 ans ! Alors, le soir, je me remets des Ophéliades en m’offrant « des nuits qui compensent nos jours » — je crois que cette expression est de Colette, la Bourguignonne, justement.

Et bien, cette soirée-là a été à la hauteur de mes attentes. Pour tout vous dire, « Winch only » est un spectacle joyeusement féroce sur les secrets de famille ! Avec beaucoup d’humour, il raconte les petites névroses de chacun : la mère qui picole ou pète en douce, l’hystérie vestimentaire des filles, l’intérêt inconsidéré de l’oncle pour les chansons de Mireille Mathieu, je passe… Une fri-an-dise ! Les voix, la partition, le pianiste Bendix Dethleffsen qui illustre avec maestria les désaccords majeurs de la famille… superbe ! Et quand elle se retrouve — la famille — autour de l’Incoronazione di Poppea, s’élève un somptueux choral. Et quand, seule, très seule, la mère emplit douloureusement l’espace scénique avec un lied du « Cid » de Massenet : « Pleurez, pleurez mes yeux ! », c’est l’apothéose ! Ein Lebkuchen ! Oh ! là, ça sent la friandise de Noël, mais Marthaler est né à Erlenbach !

Venons-en au titre : « Winch only ». La traduction proposée : « Réservé au treuillage » en a perdu toute la poésie, voire le sens ! Pour fréquenter un marin, je peux vous dire que si vraiment on veut traduire « winch » — qui se dit « winch », alors ouvrons l’imaginaire et proposons : « Réservé à l’embraque ». Embraquer, c’est le terme marin. À première vue, rien d’évident entre Poppée et l’aire réservée sur le pont d’un bateau appelée l’embraque. Utilisons-le pourtant car, dans sa mise en scène, Marthaler — considéré comme la figure de proue du théâtre musical européen — ne se prend pas les pieds dans… la psychanalyse, il use des « ficelles » (pardon au marin) du burlesque et du grotesque tendues au winch pour un numéro de voltige totalement maîtrisé. Vous sentez les embruns ?

C’était surtitré ? Ah ! Oui ! Mais bon, ça a été créé en flamand au KunstenfestivaldesArts à Bruxelles…

Ornella, le quatorze décembre deux mille six.

Oblomov

Brigitte Enguerand/Divergence

Théâtre du Parvis St Jean, CDN Bourgogne, Dijon, le 4 février 1995.

Je fais partie d’une génération qui a lu « Le droit à la paresse » de Paul Lafargue. C’est une référence littéraire qui vous revient quand vous entrez dans les « Journées de la vie d’Oblomov » d’Yvan Gontcharov, dont l’adaptation, dialoguée et considérablement abrégée par Dominique Pitoiset (le metteur en scène) et André Markowicz (le traducteur), a été préfacée par un de nos talentueux psychanalystes contemporains : Daniel Sibony.

Mais Oblomov n’est pas un paresseux. Ce qui le porte à rester inactif, c’est le degré de conscience avec lequel — lové dans une position fœtale sur son « divan » — il analyse la vie et, en cette fin de siècle. C’est à une analyse de notre système de croyances qu’il nous renvoie : changement des représentations, des comportements, des compétences, des valeurs, de l’identité ; changement de l’organisation sociale du temps, du travail et des loisirs. Nous découvrons alors un éloge du renoncement : qui n’a pas rêvé, comme Oblomov, de vivre retiré à la campagne, entouré de quelques amis choisis, alors qu’il vit comme Stolz, l’ami de toujours, constamment à la recherche de rentabilité maximum pour chaque instant vécu ?

Dominique Pitoiset est resté dans le mythe russe de l’oblomovisme — au plus près de la psychologie du personnage. Cette remarque est un reproche car, au-delà de la provocation du propos de Gontcharov, nous aurions pu entrevoir l’analogie entre un processus de changement des croyances d’une société et ce qui se passe pour un agonisant. À savoir : l’annonce de la mort, le déni, la dépression, la rébellion, la négociation et l’association sereine. Nous aurions pu l’entrevoir car c’était dans le texte : « – (…) Ce que tu me proposes, c’est la mort. – (…) Il faut nous y préparer Olga. »

L’adaptation audacieuse de Pitoiset et Markowicz (passer de la forme narrative au dialogue) nous embarque dans un spectacle de trois heures où alternent les répliques et les pans de récitatifs, trois heures malgré les coupures indispensables effectuées dans ce roman-fleuve. Et c’est effectivement cette impression qui domine : un roman-fleuve qui n’en finira pas…

Le spectacle évolue heureusement dans un très beau décor abstrait de Kattrin Michel, décor matérialisé par un immense parallélépipède blanc troué de quatre portes latérales, assez basses pour obliger les comédiens à se plier en deux pour entrer et sortir de ce trou. Ces comédiens incarnent des personnages très théâtraux qui empruntent tout autant à l’art de la marionnette qu’à celui de la bande dessinée, et sont peut-être l’incontournable raison de l’adhésion du spectateur.

Ornella, le 17 novembre 2006

Ici

C’est l’histoire d’un couple… Oh ! La ! La ! Ça commence mal ! Ben oui, justement ils sont divorcés, comme on dit. Séparés. Deux points de vue. Contradictoires ? C’est pourtant la même histoire ! Certes, mais avec un homme et une femme ! Voyez, c’est ça qui complique tout. Alors, pli sur pli, en avancée d’écriture, une auteure Pauline Sales et un auteur David Lescot— eux, complices — écrivent, face à face, en vis-à-vis ?, chacun sa version — pour chacune et chacun.

Bon. Alors interviennent un metteur en scène (Jean-Marc Bourg), une comédienne (Fabienne Bargelli) et un comédien (Jean-Yves Duparc). Tiens, là, ils sont trois. C’est bien, ça, la présence du tiers ! Le tiers indispensable pour qu’il y ait du jeu …

Plis sur pli, en avancée d’écriture, on enqu ête donc sur une rupture consommée il y a dix ans : « Je veux savoir ce qui s’est passé ici ». ICI… ? !

Alors on déplie : des faux plis, des replis. On suit un pli jusqu’à un autre pli — déjà replié. Là, les explications (implications ?) qui compliquen t tout. Ça fronce ! Pli de fronce entre voix ascendante (femme) et voix descendante (homme). Un pli de plus. Repli sur soi comme le papillon plié dans la chenille et qui se déplie en grands plis composés…  » Ici  » on vit dans les plis, dans des pans de pli s, dans des drapés… Une draperie. Autre amplitude ! Mais le pli se casse… crée une faille, ein Zwiefalt, un pli-de-deux, entre deux, entre eux deux ! Cette faille, cet « entrepli » va faire charnière — zône d’inséparabilité !

 » Emplie de moi Emplie de t oi. Emplie de voiles sans fin de vouloirs obscurs. Emplie de plis. Emplie de nuit. Emplie de plis indéfinis, des plis de ma vigie. Emplie de pluie. Emplie de bris, de débris, de monceaux de débris. Des cris aussi, surtout de cris. Emplie d’asphyxie…  » Hen ri Michaux.  » La vie dans les plis « . Poésie/Gallimard

Frisson… Froissement d’étoffe… C’est Elle qui parle. Peut-il en être autrement ?

Ornella, 22 octobre 2006 Après avoir vu  » Ici « , créé au  » Théâtre d’O », à Montpellier, en octobre 2006

Comment dit-on ROSE en français ?

Lorsque, dans la foulée de  » La cantatrice chauve « , le prince de l’absurde, Ionesco, en 1950, écrit  » La leçon « , il répond à une commande de son interprète Marcel Cuvellier : n’envisager que deux ou trois personnages et des éléments scénographiques très simples — des contraintes scéniques qui feront de  » La leçon « , dans une mise en scène d’Yves Gourmelon, à l’automne 1994, une véritable leçon de dramaturgie. Le timide professeur (Michel Pruner) — bégayant au début — va se métamorphoser en terrible tort ionnaire agressif et dominateur ; la jeune et dynamique élève (Corrine Ginisti) va perdre progressivement toute son assurance pour ne plus être qu’une proie douloureuse et résignée :  » Comment dit-on rose en français ?  » La question, posée par le maître à l’élève, fait frémir les pendrillons du théâtre, tant elle est criée. Car le maître a perdu patience, et la bonne (Ghislaine Gil) fera le ménage après cette leçon théâtralement terrifiante.

Peu d’auteurs dramatiques ont été aussi vilipendés qu’Eugène I onesco à ses débuts. D’échec en échec, Ionesco est parvenu à la gloire. À la vraie gloire — non pas celle des honneurs, des palmes et des fauteuils académiques — mais celle que le public du monde entier lui confère. Pendant quarante ans, il a pris la défe nse de l’homme contre toutes les iniquités, contre toutes les agressions et, en premier lieu, contre celle, scandaleuse et révoltante de la mort, contre la dépersonnalisation des individus, contre la bêtise et la folie meurtrière qu’engendre l’ambition du pouvoir. Les Amis du Théâtre populaire de Lunel (ATP) ont été heureux d’entrer en théâtre avec ce spectacle.

Treize saisons plus tard — cette année, donc — ils vous invitent à aller découvrir leur programme en ligne : http://www.agenda-culturel.com/atp-de-lunel.html

Michèle Jung, de Lunel, le dimanche 15 octobre 2006

Onze octobre

Onze août… onze octobre…

Août, septembre, octobre… Silence.

Après une après-midi de « feuillothérapie » — thérapie par le ramassage des feuilles mortes et leur incinération — le désir de passer un moment en écriture, au risque de pointer le manque, ce vide si insupportable que des représentations viendront s’y glisser ?

L’écriture . Die Ausdruckweise ? Die Beschreibung ? Die Redensart ? Die Schreibweise ? Die Schrift ? Die Schriftstellerei ? Die schriftliche Anzeichnung ? Variations légasthéniques serties dans la brisure.

Rousseau décrit le passage à l’écriture comme la restauration — par une certaine absence et par un type d’effacement calculé — de la présence déçue de soi dans la parole. Écrire, dit-il, est le seul moyen de reprendre la parole puisque celle-ci se refuse en se donnant.

« Tout est fragment, énigme et cruel hasard ». Nietzsche, in : « Zarathoustra » (De la Rédemption). Fragments refroidis, traces brûlantes…

Wie kann man auf Deutsch übersetzen : « L’inconscient est structuré comme un langage »

Photo : Philippe Asselin

Psychoanalytisches Seminar, saison 2006 – 2007
Ein Vorschlag von Michèle JUNG für eine Arbeitsgruppe

Version française

In “ L’étourdit ” (Autres écrits, Seuil 2001, p449-495), sagt Jacques Lacan :

L’inconscient est structuré comme un langage ”,

Im Laufe unseres Seminars 2006-2007 haben wir diese Überlegung begonnen. Eine Synthese wurde auf diesem Link veröffentlicht hier.

Dieses Jahr, ausgehend von einem Brief Ricardo Avenburgs, geht diese Arbeit weiter. Ricardo Avenburg ist Psychoanalytiker in Buenos Aires, und Mitglied unserer Forschungsgruppe.

Dieses Seminar findet jeden zweiten Montag im Monat bei Michèle Jung in Lunel (Frankreich) statt.

Erste Sitzung am Montag 8. Januar 2007 um 20 Uhr
338 avenue Louis Abric 34400 Lunel (Frankreich)
Kontakt : Michèle Jung

Wir werden mit den folgenden Texten arbeiten :

  • Brief von Ricardo Avenburg, datiert vom 11. Januar 2006 (Er wird den Teilnehmern zur Verfügung gestellt).
  • Kapitel VII von : Die Traumdeutung. Sigmund Freud. Ed : Fischer Taschenbuch Verlag GmbH, Frankfurt am Main, 1991.
  • « L’instance de la lettre dans l’inconscient ou la raison depuis Freud », in : Écrits, Seite 493.
  • « Le discours de Rome », 26 sept 1953. In : La Psychanalyse, 1956.
  • Und andere…

Synthèse der Arbeit von Januar bis Juni 2007

d.h. 6 Sitzungen

Wie geplant, haben wir über den Brief Ricardo Avenburgs vom 16. August 2006 und über seine e-mail vom 13. Dezember 2006 gearbeitet. In diesen beiden Texten kommentierte er den Text Hans Dieter Gondeks, über den wir letztes Jahr gearbeitet hatten.

Ausgehend von dieser Lektüre haben wir das Kapitel VII der Traumdeutung, « L’instance de la lettre dans l’inconscient ou la raison depuis Freud »[1], « Le discours de Rome » vom 26. September 1953[2], und die Sitzung des 10. Februar 1971 im Seminar XVIII : D’un discours qui ne serait pas du semblant wiedergelesen.

In « L’instance de la lettre dans l’inconscient ou la raison depuis Freud » schrieb Jacques Lacan : « Unser Titel läßt hören, daß jenseits von dem was gesagt wird, es die ganze Struktur der Sprache ist, welche die psychoanalytische Erfahrung im Unbewußten entdeckt. »[3]

Im Jahr vor der Veröffentlichung des L’étourdit d-i-t. D-I-T, hält Lacan sein Seminar : D’un discours qui ne serait pas du semblant. Am 10. Februar sagt er : « (…) Bleibt die Tatsache, daß, wenn ich Bescheid weiß, ich gleichzeitig sagen muß, daß ich nicht weiß, was ich sage. Ich weiß, was ich sage, andersgesagt : es ist das, was ich nicht sagen will. Das ist das Datum, das Datum, das folgendes zeigt : daß es Freud gibt, und daß er das Unbewußte eingeführt hat. (…) Hier ist das, was ich neu einfüge, was ich Freud hinzufüge, selbst wenn es bei Freud schon da ist, offenkundig, weil was auch immer er vom Unbewußtsein aufzeigt, es ist nur Sprachstoff. Ich füge hinzu, daß das Unbewußtsein als eine Sprache strukturiert ist. Welche ? Na, genau, suchen Sie sie, das ist französisch, chinesisch, was ich mit Ihnen sprechen werde. (…) Es leuchtet ein, daß ich — auf einem gewissen Niveau — Bitterkeit verursache, besonders auf Seiten der Linguisten, (…) denn, ich will es Ihnen sagen : ich pfeife auf die Linguistik ! Was mich direkt interessiert, ist die Sprache, weil ich denke, daß ich es damit zu tun habe, wenn ich eine Psychoanalyse machen muß. »

Was ich in Fettdruck hervorhebe (und besonders das : « Welche ? »), hat uns im Lauf dieser Sitzungen ziemlich beschäftigt… deren Bericht den Mitgliedern unserer Gruppe geschickt wurde. Hier möchte ich nur sagen, daß wir das Konzept « des Vorbewußten» dem « des Unbewußten» vorgezogen haben. Lacan möge uns das verzeihen.

Einige Sätze weiter sagt Lacan noch : « Also, daß es eine Sprache gibt, in der man dafür WEI sagt (…). WEI im Sinne « als » benutzt, das bedeutet « als », das heißt, daß es als Konjonktion dient, um eine Metapher zu machen. Oder anders gesagt, das bedeutet : « Im Sinne dessen, daß es sich auf eine solche Sache bezieht »[4] — wir sind noch mehr in der Metapher ! — In diesem Sinne, daß es sich auf eine solche Sache bezieht, das bedeutet genau, daß es nichts davon ist, weil man sich wohl oder übel darauf beziehen muß. Ich meine, eine Sache bezieht sich auf eine andere ».

Für die deutsche Übersetzung hat sich « als » und nicht « wie » durchgesetzt.

Und, um diesen kurzen Bericht zu beenden, werde ich noch einmal Ricardo Avenburg zitieren : « Zusammenfassend gibt es viele Arten von Unbewußtem, viele Systeme von « unbewussten Erinnerungen », und viele Sprachsysteme in Bezug auf den Zeitpunkt der kindlichen Entwicklung. Statt « das Unbewußtsein ist als eine Sprache strukturiert », ziehe ich vor : « Der psychische Apparat wird durch die Strukturierung verschiedenen Sprachniveaus und seine teilweise De-strukturierung durch die Verdrängung gebildet ».

Michèle Jung, Avignon, novembre 2007


[1] Jacques Lacan. Écrits. Éditions du Seuil, Paris, 1966, page 493.

[2] Jacques Lacan.

[3] Seite 495.

[4] Wir denken an : « als ».

Nadj

Le  » Voïvode  » & le danseur…

Artiste associé du Festival In 2006 oblige, c’est pour Joseph Nadj, né en Voïvodine que j’écrirai cette Vidourlade. Pour l’homme — un  » êtrumain  » qui aime les gens, pour l’artiste — qui n’est pas seulement chorégraphe, pour le directeur du centre chorégraphique d’Orléans — qu’il est aussi.

Nous l’avions rencontré pour la première fois, en Avignon, l’an dernier, en 2005. Il présentait  » Lost Landscape « — , spectacle inspiré d’un paysage qui existe vraiment, à quelques kilomètres de Kanizsa, l’endroit où il est né, au centre de l’Europe cenrale.

Cette année, il était dans la Cour d’Honneur avec  » Asobu « , spectacle inspiré par Henri Michaux… Ce terme  » Asobu  » ouvre une  » japonaiserie  » d’un jeu le plus pur, à partir d’un jeu, premier, le jeu de l’acteur. Où tout est mis en jeu…

Les enjeux ? Jouer avec l’espace, les frontières, les cultures, les genres — le théâtre, la danse, la poésie, la musique. Rendre visible le fruit des compagnonnages, notamment des rencontres faites lors d’une série d’ateliers menés au Japon. Et voilà pourquoi il y avait — avec les artistes de la Compagnie Batik — six danseurs japonais sur le plateau de la Cour (quatre danseurs de butô et deux danseuses contemporaines) et quatre musiciens.

Un spectacle de l’intime dans ce grand espace qu’est la Cour d’Honneur. Un univers scénique singulier.

Ornella, le 30 juillet 2006

Le roi lune

Le roi lune,

 » Le roi lune  » risque bien (si la Compagnie le veut) de venir se montrer aux Pêcheurs de Lune (dits : Pescalunes) l’an prochain… Ce texte de Thierry Debroux, mis en scène par Frédéric Dussenne pour le Théâtre du Méridien (Bruxelles), était joué au Théâtre des Doms, en Avignon Off. Cet  » Off  » là, aurait bien pu basculer dans le  » In  » ! Si ! Si ! Sissi ?

Sissi — Elisabeth d’Autriche — était en effet une cousine, amie de Louis II de Bavière (dont il est question ici), surnommé  » le roi fou « . Là, il vient d’apprendre la mort de Richard Wagner dont il a été l’amant. Fou de douleur, il organise un étrange souper dans un de ses somptueux châteaux… celui de Neuschwanstein.

Julien Roy (Louis II) et Benoît Van Dorsler (le Ministre) emmènent ce spectacle loin, très loin des images d’Epinal véhiculées sur ce roi. La scénographie de Marcos Vinals Bassols nous fait pénétrer (sans réalisme, rassurez-vous) dans un de ces châteaux que le monde entier visite aujourd’hui.

Wagner est la cause de tout, dit Louis — et ce n’est pas un regret qu’il exprime.  » J’avais à peine seize ans lorsqu’à l’Opéra, son  » Lohengrin  » me fit comprendre ce que j’étais ou plutôt, me fit savoir que je ne serais jamais comme les autres (…).  » Cet être pur, perfectionniste, excentrique certes, torturé et complexe, homosexuel, suivra tout au long de sa vie une logique sans faille : le goût de la beauté… Il sera interné comme  » fou  » par ses ministres, puis, dès le lendemain, noyé dans soixante centimètres d’eau. Avec cette mort mystérieuse commence le mythe qui inspira Visconti, Verlaine, Apollinaire…

Vous n’avez pas vu ce spectacle… Quand on ne va pas au Théâtre des Doms pendant le Festival d’Avignon, on rate forcément quelque chose. Si ! Si ! Alors, lisez le… C’est publié chez Lansman.

Ornella, le 28 juillet 2006, jour de mon retour d’Avignon.

Juger Molière…

Jean-Claude, Vladi, Ich...

Avignonade…

Au cas où vous auriez fait la grasse matinée le lundi 17 mai 1993, ou que le bruit de la douche vous ait empêché d’entendre cette histoire sublime racontée par Jean Lebrun dans « Les matins » de France-Culture , je me fais le plaisir de vous la re-transcrire — pour inscrire… mon premier jour de Festival 2006.

Jean-Pierre Soissons, naguère ministre de l’agriculture, alors qu’il voulait éclairer les Français sur les accords du GATT, leur tint ce discours : « Je vais prendre un exemple simple : on ne va pas juger Molière sur « Le Cid », et sur « le Cid » seulement !… »

Jean-Pierre Soissons a raison. Il est très rare que l’on juge Molière sur « Le Cid », il arrive encore — dans certaines écoles, dans certains manuels — que l’on juge Corneille sur « Le Cid ». Mais Molière ! Qui en aurait l’idée ?

Il nous arrive pourtant — lors de nos propres jugements à l’emporte-pièce (!) — sur nos lieux professionnels entre autres, au Festival d’Avignon aussi, de juger Molière sur « Le Cid » et sur « Le Cid » seulement !

À Jean-Claude Loubière,

Michèle Jung, le 7 juillet 2006