La perversion dans l’écriture de Heinrich von Kleist

La perversion dans l’écriture de Heinrich von Kleist

Michèle Tournois-Jung

Éditions Septentrion, Villeneuve d’Ascq, novembre 96,

ISBN 2-284-01044-X.

Résumé

La perversion dans l’écriture de Heinrich von Kleist

L’objet de cette thèse était de mettre en évidence les traits de perversion dans l’écriture de Heinrich von KLEIST. De la même façon que la proximité de Jacques LACAN avec les écrivains surréalistes lui a permis d’étayer sa théorie suivant laquelle l’inconscient est structuré comme un langage, une étude de l’écriture de KLEIST, à la lumière des dernières recherches psychanalytiques relatives à la perversion, était de nature à fournir des exemples pratiques : nous avons pu établir, dans la vie et dans l’écriture de KLEIST, l’existence de nombreux traits cliniques relevant d’une structure perverse. Dans notre première partie, après un bref exposé des appuis conceptuels freudiens en matière de perversion et de leur prolongement chez LACAN, nous avons examiné les rapports du pervers à la Loi pour voir comment l’écriture peut être un outil de compréhension de la réalité de l’auteur. Ceci étant acquis, nous nous sommes attachée à un certain nombre de textes de KLEIST. Cette étude – autant au plan de l’intrigue (Deuxième partie) qu’à celui du style (Troisième partie) – a pris appui sur différentes méthodes d’analyse des textes, car un phénomène aussi complexe que la création littéraire exige nécessairement plusieurs modes d’approche. KLEIST s’est avéré être un virtuose pour se servir de la langue, la contrer, la retourner, la pervertir dans son style même.

« Le style c’est l’homme… à qui l’on s’adresse ? » écrivait Jacques LACAN. Nous avons effectivement préféré – en conclusion – parler d’éthique perverse plutôt que de comportement pervers : la perversion est une manière de s’exprimer pour pouvoir exister. Façon de dire qu’il n’existe pas d’écriture autonome – la contrainte venant autant du destinataire que du producteur -, et qu’un style touche aux révolutions de la culture

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Zusammenfassung

Die Perversion in den Schriften und in der Schreibweise KLEISTS

Die Absicht dieser Dissertation war es, Züge der Perversion in den Schriften und in der Schreibweise KLEISTS herauszuarbeiten. Wie LACANS geistige Verwandtschaft mit surrealistischen Schriftstellern ihm erlaubt hat, seine Theorie – nach welcher das Unbewußte wie eine Sprache strukturiert ist – zu bestätigen, so konnte eine Studie der Ausdrucksweise KLEISTS, unter dem Blickwinkel der letzten psychoanalytischen Forschungen in Bezug auf die Perversion, sachgemäße Beispiele dazu geben : wir haben dargestellt, daß im Leben und in der Schreibweise KLEISTS zahlreiche Züge einer perversen Struktur existieren.

In unserem ersten Teil – nach einer kurzen Darstellung der Freudschen Begriffe, auf die wir uns hinsichtlich der Perversion stützen, und ihrer Weiterführung bei LACAN – haben wir die Beziehungen des Perversen zum Gesetz untersucht, um sehen zu können, wie die Schreibweise ein Werkzeug sein kann, um die Realität des Autors zu verstehen. An diesem Punkt angelangt, haben wir einigeTexte KLEISTS analysiert. Diese Untersuchung – sowohl der Handlung ( zweiter Teil) wie auch des Stils (dritter Teil) – hat sich auf verschiedene Methoden der Textanalyse gestützt : ein Phänomen, das so komplex wie das literarische Schaffen ist, erfordert notwendigerweise mehrere Arten des Zugangs. KLEIST hat sich wie ein Virtuose der Sprache bedient, ihr scharf widersprochen, sie umgekehrt, sie in ihrem Stil selbst verdreht.

« Der Stil ist der Mensch… an den man sich wendet ? » schrieb Jacques LACAN. In der Tat haben wir in unserer Schlußfolgerung lieber von perverser Ethik als von perversem Verhalten sprechen wollen. Damit wollen wir sagen, daß es keine unabhängige Schreibweise gibt, da der Zwang ebenso vom Empfänger wie vom Sender kommt, oder mit anderen Worten, daß ein Stil mit Kulturumschwung zu tun hat.

Näheres…

Abstract

Perversion in Heinrich von Kleist’s writing

In a similar way as LACAN’s proximity with surrealist writers helped him to support his theory according to wich the unconscious is structured like a language, a study of KLEIST’s writing, inspired by the latest psychoanalytic findings about perversion, provides practical examples : We have evidenced, in KLEIST’s life and writing, the existence of numerous clinic features revealing a perverse structure. In a first part, after a short survey of Freudian theories about perversion and their development by LACAN, we have examined the relationship of the pervert with the law to show how writing can be used to understand the author’s reality. This being achieved, we have focused on some KLEIST’s texts this reseatch about scenario (Part 2) and style (Part 3) is based on various methods of text analysis, since a phenomenon as complex as the literary creation requires necessarily several approaches. KLEIST appears to be a genius in using language, in counter playing it, in turning it, and perverting it in its fundamental system.

Lire Kleist aujourd’hui

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Colloque franco-allemand, 20-21-22 novembre 1996

présidé par Alain Lance, poète, traducteur, directeur de la Maison des Écrivains à Paris

Le 20 novembre 1996, Michèle Jung soutenait une thèse intitulée : La perversion dans l’écriture de Heinrich von Kleist, à l’Université Paul Valéry-Montpellier III.

A son initiative, la Maison de Heidelberg a organisé un colloque franco-allemand avec le concours du Centre régional des Lettres du Languedoc-Roussillon, de la Maison Antoine Vitez, de l’Université Paul Valéry-Montpellier III et de la Maison Jean Vilar (Avignon). Ce colloque a pu être réalisé grâce à la participation et l’aide du Ministère de la Culture-DRAC-Languedoc-Roussillon, de la Région Languedoc-Roussillon, de la Fondation Robert Bosch (Stuttgart) et de l’Université de Heidelberg. Chaque intervenant parlait dans sa langue d’origine, sans traduction simultanée. Toutefois, tout a été mis en œuvre pour faciliter la compréhension de tous les participants : résumés, accompagnements par des personnes bilingues. Les Actes ont été publiés – dans la langue des interventions – par les Éditions Climats (Castelnau-le-Lez).

Programme

Mercredi 20 novembre

18h : Ouverture du Colloque. Cocktail d’accueil sous la verrière de l’Espace République, Centre régional des Lettres, Montpellier.

19h : Mise en voix de textes dramatiques de Kleist par Anja Höfer et Dieter Borchmeyer (en allemand) et Jean-Marc Eber (en français).

Jeudi 21 novembre

9h30-12h : « Traduire et représenter le théâtre de Kleist aujourd’hui ». Présidence : Jean-Louis Besson, coordinateur du comité littéraire allemand de la Maison Antoine Vitez. Table ronde organisée par la Maison Antoine Vitez et enregistré par France-Culture avec : Jean-Marc Eber, Michèle Fabien, Ruth Orthmann, Michèle Raoul-Davis, Éloi Recoing.

14h-18h30 : « Trois variations sur Kleist ». Présidence : Kurt Brenner, directeur de la Maison de Heidelberg.

14h : Intervention de Roland Reuß, co-auteur, avec Peter Staengle, d’une édition historique et critique des œuvres de Kleist pour Strœmfeld/Roter Stern (Francfort/Main).

15h30 : « Heinrich von Kleist, éléments d’une analyse psycho-temporelle », par Jean-Michel Vives, docteur en psycho-pathologie clinique.

17h : « La notion du double : intervention de la technique », par Brice Matthieussent, professeur à l’École des Beaux-Arts de Marseille.

19h : Présentation de documents sur plusieurs mises en scène de pièces de Kleist en France, par la Maison Jean Vilar (Avignon). Vernissage à la Direction des Affaires Culturelles du Languedoc-Roussillon, Hôtel de Grave, 5 rue salle l’Évèque, Montpellier.

Vendredi 22 novembre

9h-12h30 : « O Tod, wie bitter… ». Présidence : Dieter Borchmeyer, professeur à l’Université de Heidelberg.

9h : « Tremblement de terre au Chili : problématique de la violence », par Jean Ruffet, traducteur, auteur de Kleist en prison (Ed. L’Harmattan, 1991).

10h30 : « Kleist et la musique », à propos du Cercle Kleist pour soprano et orchestre, par René Kœring, directeur général de l’Orchestre Philharmonique de Montpellier Languedoc-Roussillon. Intervention enregistrée par France-Musique.

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Colloque franco-allemand,
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0-21-22 novembre 1996


présidé par Alain Lance, poète, traducteur,
directeur de la Maison des Écrivains à Paris

Le 20 novembre 1996, Michèle Jung soutenait une thèse intitulée : La perversion dans l’écriture de Heinrich von Kleist, à l’Université Paul Valéry-Montpellier III.

A son initiative, la Maison de Heidelberg a organisé un colloque franco-allemand avec le concours du Centre régional des Lettres du Languedoc-Roussillon, de la Maison Antoine Vitez, de l’Université Paul Valéry-Montpellier III et de la Maison Jean Vilar (Avignon). Ce colloque a pu être réalisé grâce à la participation et l’aide du Ministère de la Culture-DRAC-Languedoc-Roussillon, de la Région Languedoc-Roussillon, de la Fondation Robert Bosch (Stuttgart) et de l’Université de Heidelberg. Chaque intervenant parlait dans sa langue d’origine, sans traduction simultanée. Toutefois, tout a été mis en œuvre pour faciliter la compréhension de tous les participants : résumés, accompagnements par des personnes bilingues. Les Actes ont été publiés – dans la langue des interventions – par les Éditions Climats (Castelnau-le-Lez).

Pour tout renseignement complémentaire, site de la Maison de Heidelberg :
http://www.maison-de-heidelberg.org

Programme :

Mercredi 20 novembre :

18h : Ouverture du Colloque. Cocktail d’accueil sous la verrière de l’Espace République, Centre régional des Lettres, Montpellier.
19h : Mise en voix de textes dramatiques de Kleist par Anja Höfer et Dieter Borchmeyer (en allemand) et Jean-Marc Eber (en français).

Jeudi 21 novembre :

9h30-12h : « Traduire et représenter le théâtre de Kleist aujourd’hui ». Présidence : Jean-Louis Besson, coordinateur du comité littéraire allemand de la Maison Antoine Vitez. Table ronde organisée par la Maison Antoine Vitez et enregistré par France-Culture avec : Jean-Marc Eber, Michèle Fabien, Ruth Orthmann, Michèle Raoul-Davis, Éloi Recoing.


14h-18h30 :
« Trois variations sur Kleist ». Présidence : Kurt Brenner, directeur de la Maison de Heidelberg.
14h : Intervention de Roland Reuß, co-auteur, avec Peter Staengle, d’une édition historique et critique des œuvres de Kleist pour Strœmfeld/Roter Stern (Francfort/Main).
15h30 :
« Heinrich von Kleist, éléments d’une analyse psycho-temporelle », par Jean-Michel Vives, docteur en psycho-pathologie clinique.
17h :
« La notion du double : intervention de la technique », par Brice Matthieussent, professeur à l’École des Beaux-Arts de Marseille.
19h : Présentation de documents sur plusieurs mises en scène de pièces de Kleist en France, par la Maison Jean Vilar (Avignon). Vernissage à la Direction des Affaires Culturelles du Languedoc-Roussillon, Hôtel de Grave, 5 rue salle l’Évèque, Montpellier.

Vendredi 22 novembre :


9h-12h30 :
« O Tod, wie bitter… ». Présidence : Dieter Borchmeyer, professeur à l’Université de Heidelberg.
9h : « Tremblement de terre au Chili :
problématique de la violence« , par Jean Ruffet, traducteur, auteur de Kleist en prison (Ed. L’Harmattan, 1991).
10h30 : « Kleist et la musique », à propos du
Cercle Kleist pour soprano et orchestre, par René Kœring, directeur général de l’Orchestre Philharmonique de Montpellier Languedoc-Roussillon. Intervention enregistrée par France-Musique.